Politique

Elections législatives partielles Benkirane dans l'embarras

Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5103 Le | Partager
Son meeting électoral de Tétouan reporté
Plusieurs députés du PAM déboutés par la Cour constitutionnelle
Le «parti d’Ilyas El Omari» ne présente pas de candidats ni à Tétouan ni à Agadir

Les élections législatives partielles remettent Abdelilah Benkirane en selle? Le secrétaire général du PJD avait prévu d’animer un meeting électoral à Tétouan demain mardi. Officiellement, il s’agit de soutenir son camarade Mohamed Idaâmar dont le siège parlementaire a été invalidé par la Cour constitutionnelle en juin dernier. On lui a reproché d’avoir utilisé les moyens de la municipalité de Tétouan, dont il est le maire, pour les besoins de sa campagne électorale du 7 octobre 2016.

A la dernière minute, le candidat Mohamed Idaâmar a publié un communiqué pour annoncer le report de la sortie de Benkirane, officiellement pour «des raisons techniques et objectives», sans plus de détails. Pour lui, le report n’avait rien à voir avec d’éventuelles pressions des autorités. Pour des sources proches du dossier, il s’agit d’un conflit interne entre le SG Abdelilah Benkirane, Saâdeddine El Othmani et Mustapha Ramid, gros calibre du parti.

En tout cas, jeudi 14 septembre, Mohamed Idaâmar aura beaucoup de chances de rempiler à la Chambre des représentants. Et pour cause, aux dernières élections législatives, il avait obtenu plus de 20.000 voix. Aucun grand parti politique de la majorité ni de l’opposition ne présente de candidat sur la ligne de départ.

Est-ce le fruit d’une coordination entre les partis de la majorité, initiée par le chef du gouvernement, pour montrer une majorité soudée? Nenni! Saâdeddine El Othmani a démenti toute initiative dans ce sens. Il est allé jusqu’à dire que le PJD avait une direction et un chef.

Ce type de cas relève du secrétariat général du parti, a-t-il dit. Ce qui est paradoxal, même le PAM, qui a été à l’origine de la contestation ayant abouti à l’annulation du siège, a décidé de jeter l’éponge. La deuxième formation de l’échiquier politique propose de soutenir la candidature de Fatima El Oumghari, militante de la Fédération de la gauche démocratique (FGD), ancienne de la CDT, syndicat de Mohamed Noubir El Amaoui.

Les pronostics donnent Mohamed Idaâmar gagnant. Mais attention, il ne faudra pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué, dit l’adage populaire. Car un scénario similaire, qui s’est produit dans la circonscription électorale d’El Jadida, avait créé la surprise le 4 mai dernier. Il s’agissait d’une élection partielle pour pourvoir un siège à la Chambre des représentants.

En effet, le PJD avait essuyé un échec cuisant. Le candidat de l’Union constitutionnelle, qui avait remporté le siège, avait devancé son adversaire avec plus de 17.000 voix. Pourtant, lors du scrutin du 7 octobre 2016, le candidat du PJD était arrivé en tête. Pour justifier ce recul, la formation de Abdelilah Benkirane avait invoqué le faible taux de participation.

«Fake news»

Qu’importe, il est évident que les élections partielles ne vont pas modifier la carte politique. Le PJD, qui avait obtenu 125 sièges le 7 octobre dernier, pourrait augmenter son nombre de sièges. Surtout que le PAM qui avait obtenu 102 sièges a décidé de ne pas présenter de candidat ni à Tétouan ni à Agadir. En tout cas, dans cette opération d’annulation des sièges par la Cour constitutionnelle, c’est le PAM qui est le premier perdant. En effet, quatre sièges lui ont filé sous le nez.

Rien que dans la circonscription d’Oujda-Angad, la Cour a invalidé en août dernier deux fauteuils du PAM, gagnés le 7 octobre par Abdelkader Haddouri et Youssef Haddouri. C’est Omar Héjira de l’Istiqlal qui a été à l’origine de la contestation. La date de cette élection partielle n’est pas connue mais un délai réglementaire, conformément aux dispositions de l’article 91 de la loi organique relative à la Chambre des représentants.

Idem pour le siège d’Ida Outanane dans la région d’Agadir, occupé par Hamid Ouahbi, frère de Abdelattif, membre du bureau politique du PAM. L’autre annulation relative au PAM a concerné Inezgane Aït Melloul où Mohamed Ghanem a perdu son siège.

La Cour a justifié sa décision par le recours de l’intéressé et ses partisans à la distribution et l’affichage d’annonces électorales sur les façades ne portant qu’un seul nom et photo dans les six communes de la circonscription électorale comme il a dissimulé les données relatives au troisième candidat de sa liste. L’Istiqlal a également laissé des plumes. Ainsi, Zine El Abidine El Haouass, président de la commune de Had Soualem et député de la circonscription de Berrechid, a perdu son siège.

C'est le parlementaire qu’une «fake news» avait crédité de posséder «17 milliards à la maison». L’élection de Mohamed Krimen du même parti a été également annulée. Le MP est passé lui aussi à la trappe via son député de Béni Mellal Hamid Ibrahimi.

Silence des politiques

Dans plusieurs partis, la vieille garde est poussée vers la sortie. Si Salaheddine Mezouar et Ilyas El Omari ont choisi de quitter la scène, le vent du renouvellement gagne aussi d’autres formations. Dans la ligne de mire, Mohand Laenser sera forcé de céder sa place à Mohamed Hassad lors du prochain congrès en 2018. Idem pour Hamid Chabat qui devra passer la main à Nizar Baraka à la tête de l’Istiqlal fin septembre. Abdelilah Benkirane est également sur la liste, même s’il s’accroche au poste de secrétaire général du PJD au risque d’amender les statuts pour lui permettre un troisième mandat. Son sort sera scellé les 9 et 10 décembre.

 

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