Politique

Gouvernement: Le bilan des 100 premiers jours ce lundi

Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5102 Le 08/09/2017 | Partager
La présentation porte sur les mesures d’urgence et les chantiers à venir
L’adoption de la charte de la majorité reportée sine die
Benkirane à l’origine de ce blocage

Après de nombreuses tractations, les chefs des partis de la majorité, en réunion mercredi soir, sont finalement tombés d’accord sur le bilan des 100 premiers jours du gouvernement, requalifiés en quatre premiers mois. Le document sera présenté lundi prochain, en fin d’après-midi, à Rabat, lors d’une cérémonie qui sera présidée par le chef du gouvernement Saâdeddine El Othmani.

La majorité veut donner plus de poids et de visibilité à cet événement en conviant les groupes parlementaires de la majorité dans les deux Chambres du Parlement et des représentants de la société civile à y participer, comme l’a laissé entendre Mustapha El Khalfi, ministre des Relations avec le Parlement. Le gouvernement saisira cette opportunité pour exposer les principaux chantiers à venir.

Dans la foulée, chaque département a préparé un document qui met en avant ses réalisations mais aussi ses projets phares. Selon un ministre, le format de présentation de ce bilan tardif sera calqué sur les cinq grands axes du programme gouvernemental, adopté par le Parlement le 26 avril dernier. Si le premier porte sur le soutien du choix démocratique, des principes de l’Etat de droit, de la loi et de la consécration de la régionalisation avancée, le deuxième est relatif au renforcement des valeurs de la transparence, la réforme de l’administration et la consécration de la bonne gouvernance.

Le troisième concerne le développement du modèle économique, la promotion de l’emploi et du développement durable. Le quatrième a trait au renforcement du développement humain et de la cohésion  sociale et spatiale. Dernier axe, la consolidation du rayonnement international du Maroc au service des causes justes dans le monde.

Au menu de la réunion du mercredi soir, la charte de la majorité. Visiblement, les mécanismes de cet attelage particulier, composé de 6 formations politiques, ne sont pas bien huilés. Plusieurs réunions ont été nécessaires avant d’arriver à se mettre d’accord sur la formule de la charte. Le document, de plusieurs pages, est fin prêt, mais un caillou bloque la machine. Initialement, la charte de la majorité devait être signée «lors de la présentation du bilan des 4 premiers, lors d’une cérémonie grandiose». Mais le grain de sable qui bloque le mécanisme de la coalition gouvernementale n’est autre que Abdelilah Benkirane.

Le Secrétaire général du PJD, qui conduit l’exécutif, a, depuis le début, boudé les réunions de la majorité. Il tient à chaque fois à déléguer son adjoint Slimane Amrani. D’ailleurs, les tentatives de Saâdeddine El Othmani, pour arracher au secrétariat général de son parti un communiqué officiel qui exprime le soutien de sa formation au gouvernement, n’ont pas abouti. En outre, s’est posé le problème de celui qui sera chargé de signer la charte de la majorité au nom du PJD.

Scénario peu probable en raison du parallélisme des formes: d’un côté des secrétaires généraux des cinq partis, de l’autre, un secrétaire général adjoint de la formation qui plus est dirige le gouvernement. Il est hors de question que les dirigeants des autres formations acceptent «ce déséquilibre, une aberration», pour reprendre l’expression de l’un d’entre eux. Finalement, comme les politiques ne sont jamais en panne d’idées, ils ont alors décidé de séparer les deux points à l’ordre du jour de la réunion pour ne retenir que la présentation du bilan.

L’adoption de la charte de la majorité a été différée à une autre date ultérieure. El Khalfi l’a promise pour la prochaine réunion de la majorité. Entre-temps, il faudra convaincre Benkirane d’accepter son camarade El Othmani comme chef du gouvernement. Officiellement, la charte s’appuie sur «le travail participatif, l’efficacité dans la réalisation, la transparence dans la gestion, la solidarité dans la responsabilité et le dialogue entre les partenaires». Elle se veut comme un «document contractuel et une référence politique et morale qui devra encadrer le travail commun de la majorité, sur la base du programme gouvernemental». 

Autant de slogans qui s’étiolent avec l’exercice du pouvoir. L’ancienne majorité, composée de seulement quatre partis, n’avait pas appliqué 10% des clauses de sa charte que les patrons avaient signée en grande pompe.

Présidence de la majorité

La charte prévoit l’obligation de se soumettre aux décisions des partis de la majorité et l’interdiction de porter atteinte à l’une de ses composantes. A chaque fois qu’un désaccord se produit, le retour à ce document est recommandé. La majorité insiste sur la nécessité de renforcer le travail de coordination, de solidarité et «l’assiduité productive au niveau des parlementaires». La charte prévoit la création de la présidence de la majorité, formée par le chef du gouvernement, les secrétaires généraux des partis, en plus d’un deuxième dirigeant de chaque formation. Ainsi, la présidence se réunira une fois par mois et à chaque fois que la nécessité l’exige, à la suite d’une demande de l’une des composantes de la majorité.

 

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