International

Elections en Allemagne: Le duel Merkel-Schulz

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5099 Le 05/09/2017 | Partager
La chancelière plus favorite à trois semaines des législatives
Turquie, migrants… les dossiers chauds
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Dimanche soir, Angela Merkel a encore durci le ton à l'encontre du pouvoir turc. Elle s’est dite favorable à l'arrêt des négociations de son adhésion à l'UE et a indiqué ne pas croire que ce pays rejoindra un jour le bloc européen. Selon les sondages, la chancelière allemande a été plus convaincante que son rival Martin Schulz lors du débat télévisé  (Ph. AFP)

Angela Merkel a conforté dimanche soir son statut de favorite pour se succéder à elle-même lors du seul débat télévisé de la campagne électorale allemande. Son rival le social-démocrate Martin Schulz n’a pas convaincu, selon les médias allemands. «Merkel a livré une performance pleine d'assurance, Schulz n'a pratiquement réussi aucune de ses offensives», indique le journal de centre-gauche Süddeutsche Zeitung à l'issue de ce duel. Il a été retransmis sur les quatre principales chaînes de télévision et suivi par 16 millions de personnes, soit un quart de l'électorat, rapporte l’AFP.

Au pouvoir depuis 12 ans, la chancelière a été jugée plus convaincante que son rival d’après les sondages: 55% contre 35% selon l'enquête ARD et 32% contre 29% selon celle de ZDF. Difficile dans ces conditions de croire à un rebond du SPD (le parti social-démocrate) qui affiche un retard d'une quinzaine de points dans les intentions de vote sur les conservateurs de la chancelière.

Ceci à seulement trois semaines du scrutin (24 septembre). Avec un bilan économique satisfaisant et un chômage bas, Merkel dispose de tous les atouts. Berlin a enregistré une croissance de 0,6% au deuxième trimestre et un excédent budgétaire record sur la première moitié de l'année, selon les derniers chiffres Destatis, l'office fédéral des statistiques. Aussi, le chômage est à un niveau historiquement bas (à 5,7% en août 2017).

Destatis a par ailleurs annoncé que l'Allemagne a dégagé selon des chiffres encore provisoires un excédent budgétaire au premier semestre de 18,3 milliards d'euros. Cela correspond à près de 1,1% du PIB. Cette bonne performance s’explique par la situation favorable de l'économie et du marché du travail ainsi que par «la politique de dépenses modérée» du pays.

Lors du duel télévisé, la chancelière allemande, a été toutefois un peu bousculée sur sa décision controversée il y a deux ans d'ouvrir les frontières du pays à des centaines de milliers de migrants. Un geste qu'elle juge aujourd'hui encore «justifié» par la situation humanitaire  et le refus de la Hongrie de Viktor Orban d'accepter les réfugiés.

Pour le reste, Merkel a durci encore une fois le ton à l’égard du président turc Recep Tayyip Erdogan, en annonçant être favorable à un arrêt des négociations sur l'adhésion à l'UE de Ankara. En réponse à cette déclaration, un porte-parole du président lui a reproché un «manque de vision et une soumission au populisme».  Menées depuis 2005, ces négociations sont depuis des mois au point mort en raison de l'évolution politique en Turquie, dont le pouvoir est accusé par ses «détracteurs de dérive autoritaire».

Les relations entre la Turquie et l'Allemagne se sont particulièrement tendues depuis le putsch manqué du 15 juillet 2016, imputé par Ankara au prédicateur Fethullah Gülen, qui nie les faits. Tout récemment, Erdogan a provoqué une levée de boucliers en Allemagne en appelant l'importante communauté turque du pays (trois millions de personnes) à ne voter ni pour les conservateurs d'Angela Merkel, ni pour les sociaux-démocrates.

 

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