Economie

Des perspectives encourageantes pour la croissance mondiale

Par Amine SAHRANE | Edition N°:5098 Le 04/09/2017 | Partager
Euler Hermes optimiste pour le Maroc
Poids de la dette, protectionnisme et inflation, les risques qui pèsent
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Pour 2017, le Maroc devrait réaliser l’un des meilleurs scores de croissance de la région Mena

L’assureur-crédit Euler Hermes a revu à la baisse ses prévisions pour le taux de croissance de la zone Mena dans son nouveau rapport «Un souffle de croissance». La région subit l’impact de l’évolution défavorable des prix du pétrole ainsi que des pressions géopolitiques. Cependant, le Maroc arrive encore une fois à se démarquer. Pour l’année 2017 comme pour celle qui suit, la croissance prévue pour le royaume s’établit à 4,5%.

Cette prévision s’accorde avec celle du FMI (4,8%), mais est plus optimiste que celle de la Banque mondiale qui table sur une progression de 3,8% du PIB, et celle du HCP qui prévoit une croissance de 3,6%. Pour la zone-euro, la croissance a été revue à la hausse (+0,2pp(1) à 1,9%), même chose pour la Chine (+0,4 pp à 6,7%) et le Japon (+0,1 pp à 1,3%). L’amélioration des prévisions pour la zone euro est justifiée par une progression plus importante des échanges et de l’investissement.

Les pays émergents de l’Europe bénéficient de la reprise de la zone euro tandis que les pays de l’Asie bénéficient de l’évolution positive des échanges. À l’inverse, celle des Etats-Unis a été revue à la baisse (-0,1 pp à 2,2%),  l’Amérique latine (-0,2 pp à 1,2%).

Pour ce qui est de la croissance mondiale, les perspectives s’annoncent encourageantes. «La progression du PIB mondial s’accélère: la tendance est bonne plutôt qu’excellente, la croissance atteignant son rythme le plus rapide enregistré ces deux dernières années». Le rapport identifie cinq facteurs qui «boostent» l’amélioration du PIB global. Le premier étant un retour modéré de l’inflation. Cette dernière stimule l’investissement en augmentant les valeurs nominales.

Pour l’année 2017, la croissance des prix a repris essentiellement suite à la hausse des prix des matières premières. Globalement, les taux d’inflation devraient atteindre 2,2% pour 2017 et 2,5% pour 2018 aux Etat Unis, 1,6% pour les deux années consécutives dans la zone-euro, et respectivement 4,9% et 4,1% pour les années 2017 et 2018 dans les économies émergentes.

La consommation et l’investissement affichent également une bonne progression. Les ventes au détail se sont accélérées au niveau mondial, notamment aux Etats-Unis et en Chine. Les exportations mondiales poursuivent aussi leur reprise au premier semestre 2017, tant en volume qu’en valeur. Elles ont progressé de 2,3% en glissement annuel en avril 2017. De plus, les politiques monétaires ont été accommodantes en cette période ce qui a conduit les liquidités mondiales à atteindre des niveaux records à plus de 19.000 milliards de dollars.

Au volet risque, la reprise modérée de l’inflation pourrait affecter de manière négative le pouvoir d’achat des ménages ainsi que les marges des entreprises. Pour les investissements, Euler Hermes attire l’attention sur le fait qu’ils sont en grande partie financés par la dette. La dette atteint des niveaux inquiétants en Europe (publique) et dans les marchés émergents (privée). Dans ce contexte, une hausse des taux d’intérêts pourrait compromettre le cycle d’investissement en particulier dans les pays où les niveaux d’endettement sont déjà élevés. Le niveau du protectionnisme qui ne faiblit pas constitue une autre cause de préoccupation.

Les pays qui ont adopté le plus de mesures restent les Etats-Unis, la Russie, l’Inde et l’Argentine. Le rapport attire l’attention sur le raccourcissement des chaînes de production. Cela signifie que moins de pays sont impliqués dans la production d’un bien. Ce phénomène est renforcé par la balkanisation financière qui traduit la diminution des flux bancaires internationaux. Enfin, les risques politiques pourraient à nouveau influencer les marchés. La situation politique aux Etats-Unis est une cause de préoccupation. En Europe, aucune crise financière ou politique majeure n’est attendue, sauf au Royaume-Uni où l’incertitude politique liée au Brexit continuera d’amplifier la volatilité financière.

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(1) Point de pourcentage

 

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