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Eau: Dans la région Mena, les prix, une incitation au gaspi

Par Amine SAHRANE | Edition N°:5097 Le 31/08/2017 | Partager
La Banque mondiale alerte sur la sous-tarification des ressources hydriques
Les pertes d’eau douce par habitant parmi les plus élevées au monde
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La rareté des ressources hydriques menace l’Afrique bien plus que l’instabilité politique ou le chômage. Un fait inquiétant relevé par le rapport intitulé «Au-delà des pénuries: la sécurité de l’eau au Moyen-Orient et en Afrique du Nord» publié par la Banque mondiale à l’occasion de la semaine mondiale de l’eau(1) à Stockholm.

De toutes les régions du monde, la zone Mena est celle où les ressources en eau sont les plus rares. «Plus de 60% de la population de la région vit dans des régions affichant un stress hydrique élevé ou très élevé au niveau des eaux de surface»(2).
La secrétaire d’Etat chargée de l’eau Charafat Afilal s’est exprimée à l’occasion de cet événement en rappelant les investissements du Maroc dans le domaine de la gestion de l’eau (barrages, puits, agences de bassins hydrauliques…).

Ces efforts demeurent cependant insuffisants avec l’accélération de la croissance économique et démographique, ainsi que la médiocrité de la gouvernance. Le Maroc figure parmi les pays pour lesquels la Banque mondiale anticipe une forte augmentation du stress hydrique suite au changement climatique. La détérioration du climat rend également les zones côtières peu élevées du royaume situées en bordure de la Méditerranée exposées au risque d’inondation et de salinisation.

Pour la région Mena, le rapport soulève que la zone enregistre les pertes de ressources en eau douce par habitant parmi les plus élevées au monde. Malgré la pénurie d’eau que connaît la région ainsi que l’accélération de l’épuisement du patrimoine hydrique les tarifs restent parmi les plus faibles au monde. Ils ne reflètent pas la valeur de rareté de l’eau ni le coût de son acheminement.

Les tarifs d’irrigation appliqués dans la zone permettent aux agriculteurs de pratiquer des cultures qui nécessitent de grandes quantités d’eau. En même temps la faiblesse des prix n’incite pas les agriculteurs à adopter des technologies d’irrigation économes en eau. D’un autre côté, les subventions effectives au titre de l’eau sont parmi les plus élevées au monde (2% du PIB).

Ces dernières profitent généralement davantage aux ménages les plus aisés qu’aux ménages pauvres. «Il s’ensuit une consommation excessive de ressources en eau extrêmement rares». Certains ménages pauvres peuvent même habiter dans des lieux non desservis en eau potable, ce qui les oblige à acheter de l’eau de qualité douteuse «à des prix beaucoup plus élevés que ceux acquittés par les riches» indique la Banque mondiale.

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(1)  La semaine mondiale de l’eau est une conférence annuelle organisée par la Banque mondiale et dédiée à l’eau et à sa gestion.
(2)  On parle de stress hydrique quand les prélèvements d’eau effectués dans une zone sont relativement importants par rapport au volume des ressources en eau renouvelables

 

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