International

Eau: Ces inquiétantes montagnes de déchets

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5095 Le 29/08/2017 | Partager
Au moins 1,8 milliard d’humains boivent de l’eau souillée par des matières fécales
Le stress hydrique guette nos régions
Une rencontre à Stockholm pour débattre des enjeux
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D’après les projections de l’Institut des ressources mondiales, le Maroc figurera parmi les 20 pays les plus touchés par le stress hydrique

La semaine mondiale de l’eau qui se déroule du 27 août au 1er septembre à Stockholm (Suède) réunit plus de 3.200 experts. Organisée par le Stockholm International Water Institute (SIWI), la rencontre se concentre sur les défis liés à l’eau et leur impact sur l’environnement, la santé, le climat, l’économie et la réduction de la pauvreté dans le monde.

L’édition 2017 est axée sur le thème des «eau et déchets: réduire et recycler» dans la continuité de l’adoption en 2015 des objectifs de développement durable (ODD). Après la COP22 qui s’est déroulée à Marrakech et avant la COP23 qui se tiendra à Bonn (Allemagne) en novembre, elle permettra de faire le point sur plusieurs initiatives (source: ministère de l’Europe et des Affaires étrangères).

L’eau est au cœur du développement durable. Selon les chiffres de l’ONU, plus de 80% des eaux usées résultant des activités humaines sont déversées dans les rivières ou la mer sans aucune dépollution. Au moins 1,8 milliard de personnes dans le monde utilisent une source d’eau potable qui est contaminée par des matières fécales. L’exploitation des eaux usées représente une véritable opportunité en raison de l’abondance de cette ressource. Traitées de manière sûre, les eaux usées représentent une source durable en eau, en énergie, en nutriments et autres matériaux récupérables.

Le manque d’accès à l’eau potable et à l’assainissement constitue la première cause de mortalité dans le monde. La pénurie d’eau affecte aujourd’hui 40% de la population mondiale. A l’horizon 2040, plusieurs régions du monde souffriront du stress hydrique, d’après les projections du World Resources Institute (WRI, Institut des ressources mondiales) qui s’appuient sur les données émanant du groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) (cf. notre édition N° 4597 du 31/08/2015).

Plusieurs facteurs impacteront la disponibilité des ressources hydriques d’ici 2040 à travers le monde. Cela va du réchauffement climatique, l’urbanisation galopante à la démographie en passant par les activités industrielles. La plupart des pays de la planète seront confrontés à des problèmes de carence en eau, mais ce sont surtout ceux d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient qui seront les plus touchés d’ici 25 ans. Le Maroc, l’Algérie, la Tunisie et la Libye seront particulièrement concernés par la raréfaction des ressources hydriques. 

Sur la base d’une note maximale de 5, traduisant le niveau le plus élevé du stress hydrique, le Maroc a eu un score cumulé de 4,68 pour l’utilisation industrielle, agricole et domestique de l’eau. Il occupera la 19e place parmi les pays les plus affectés. Pour ne pas être pris de court, Rabat a développé une stratégie pour préserver ses ressources hydriques depuis plusieurs années, assortie d’une charte nationale de l’environnement. Le plan national de l’eau, destiné à assurer la sécurité hydrique du Royaume, nécessitera plus de 200 milliards de DH à l’horizon 2030.

Le Maroc y participe

LE Maroc prend part aux travaux de la Semaine mondiale de l’eau. Le Royaume est représenté à cette manifestation par une forte délégation conduite par Charafate Afailal, secrétaire d’Etat chargée de l’Eau. Outre deux sessions intitulées «sécurité et intégrité hydriques dans la région Mena» et «construire un avenir résilient grâce à l’eau», elle aura une réunion avec le président du Conseil mondial de l’eau (CME), Loïc Fauchon, au sujet du processus du Grand Prix mondial Hassan II pour l’eau. La délégation participera aussi à une réunion spéciale dans le cadre des consultations de l’Assemblée générale des Nations-Unies sur l’amélioration de l’intégration et la coordination du travail des Nations-Unies au niveau des objectifs et des cibles liés à l’eau et de l’Agenda 2030 pour le développement durable.

 

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