Analyse

Une lutte soft contre l’insalubrité: «Le projet est toujours ouvert aux amendements»

Par Aziza EL AFFAS | Edition N°:5095 Le 29/08/2017 | Partager
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«Pour assurer le respect du nouveau règlement de l’hygiène à Casablanca, les brigades chargées de verbaliser les contrevenants auront besoin de renfort et de moyens logistiques importants», affirme Dr Nabila Rmili, adjointe au maire chargée de l’hygiène (Ph L’Economiste)

Dr Nabila Rmili, adjointe au maire chargée de l’hygiène, la salubrité et la tranquillité publiques et déléguée régionale du ministère de la Santé, explique l’esprit et la démarche suivie, en amont pour  l’élaboration du projet d’arrêté relatif à l’hygiène. Un processus qui a nécessité un an et demi de préparatifs.

-  L’Economiste: Quels sont les principaux apports du nouvel arrêté relatif à l’hygiène par rapport à l’ancienne version, qui remonte à 1930?
- Nabila Rmili:
Depuis 1930, une multitude de lois, de règlements et de normes sont venus organiser et réglementer l’hygiène. Parmi les plus récents, on peut citer à titre d’exemple la loi organique 113-14 relative aux communes, la loi 28-07  sur la sécurité alimentaire, la loi 28-00 sur l’environnement ainsi que les normes internationales, comme HACCP. Ce projet est à la fois un règlement sanitaire pour l’amélioration du  cadre de vie du citoyen qui touche la prophylaxie  des maladies transmissibles et contagieuses, l’hygiène de l’habitat et des voiries, la protection de l’environnement l’organisation des manipulants et professionnels de la restauration collective et les lieux recevant le public (piscines, salles de sport, hammams…).

-  Un an et demi pour la préparation du nouveau texte. Pourquoi autant de mois?
-  En fait, il a fallu prendre en considération la multitude des champs d’action et la complexité des problématiques diagnostiquées dans une grande ville comme Casablanca. Cela nécessite bien évidemment une réflexion multidisciplinaire et concertée avec la société civile et les multiples intervenants qui assurent la veille sanitaire et environnementale, notamment le ministère de la Santé, l’Onssa, le département de protection de l’environnement  la chambre de commence et des services… Sans oublier l’initiateur de ce projet: la wilaya de Casa-Settat.  

-  Quelle a été la méthodologie adoptée lors de l’élaboration de ce texte?   
- Après un diagnostic approfondi et en se basant  sur les expériences des grandes métropoles, le conseil de la ville de Casablanca a décidé d’organiser une journée d’étude et de réflexion pour répondre aux attentes du citoyen en matière de salubrité et d’hygiène et l’amélioration du cadre de vie. Un  comité de pilotage multidisciplinaire a été instauré pour l’élaboration de ce projet avec une démarche  participative  de tous les intervenants tout en définissant les priorités et les objectifs stratégiques.

- Avec ses 300 articles, l’arrêté est-il exhaustif? Ou y-a-t-il encore des marges d’amélioration?
-  Ce projet d’arrêté de l’hygiène peut faire l’objet de discussions et de propositions  des élus et de la société civile dans le cadre de la concertation participative. Même après son approbation, la porte reste toujours ouverte pour tout amendement ou amélioration après évaluation sur le terrain.
-  Pensez-vous que les effectifs actuels du service d’hygiène sont suffisants pour la verbalisation des contrevenants?

-  Nous comptons beaucoup sur l’augmentation des effectifs du personnel de l’hygiène. Chaque année, des agents partent à la retraite sans être remplacés.
Pour assurer le respect du nouveau règlement de l’hygiène, les brigades chargées de verbaliser les contrevenants auront besoin de renfort.

-  Pourquoi l’adoption du texte a-t-elle été reportée lors de la session du conseil de la ville de juillet dernier ?
-  Vu le volume important de l’arrêté de l’hygiène, il a fallu donner un délai supplémentaire aux élus afin de l’examiner avant son adoption. La validation de l’arrêté municipal de l’hygiène a été reportée à la demande des élus de la commission de l’urbanisme afin d’approfondir la concertation et les amendements.
Propos recueillis par Aziza EL AFFAS

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