Dossier Spécial

La première rétrospective d’affiches

Par L'Economiste | Edition N°:5089 Le 18/08/2017 | Partager
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28 JANVIER 1993

le Prince Héritier inaugure, en tant que Président d’honneur, la première  rétrospective d’affiches publicitaires jamais faite au Maroc. Elle était organisée par L’Economiste, avec le concours de 2M et  de l’entreprise de reproduction graphique, Quadrichromie. SAR Sidi Mohammed manifesta alors son émotion devant  cette mémoire du Royaume rassemblée pour l’occasion (juste derrière lui, main levée,  le DG d’Eco-Médias, le Pr. Abdelmounaïm Dilami).  Suite à des appels lancés dans l'hebdomadaire  L’Economiste, 176 affiches anciennes avaient été retrouvées et rassemblées. Parmi elles, celle qui doit être la plus vieille affiche marocaine et la plus originale des campagnes de communication du Maroc. Cette affiche, dessinée et imprimée dans le Royaume était utilisée au Sénégal, jusque dans les années 1920. Elle vantait les mérites du thé Al Ambri, commercialisé par la famille Kadiri, celle qui fondera des décennies plus tard, l’une des quatre agences pères de la publicité, l’agence Klem.
Parmi les autres affiches, une forte présence de placard-«posters» vantant les foires agricoles ou les destinations touristiques phares –presque disparues depuis, et l’exportation… de céréales. Trois chapitres qui paraissent aujourd’hui bien lointains. Afrique, communication, commerce, agriculture,  art…  On comprend aujourd’hui l’émotion manifestée à l’époque par SAR le Prince Héritier.  
A remarquer aussi que l’exposition se tenait dans ce qui est aujourd’hui l’Espace Paradise sur la Corniche de Casablanca: c’était à l’époque le seul espace assez grand. Et enfin, toutes les affiches étaient petites, voire très petites comme l’affiche Al Ambri: ce n’est que durant  l’été 1993, que l’agence Dounia Production équipera le pays en matériel et savoir-faire pour des affiches en 6x3, point de départ des grandes affiches si courantes aujourd’hui.

                                                                   

1993: La thèse

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Soutenue  en 1993, la thèse de Sidi Mohammed a été rééditée chez Nathan en 2000; mais elle est très difficile à trouver.
Le Prince Héritier a soutenu sa thèse à l’université  Sophia Antipolis de Nice. Il y obtient la mention «très honorable». Avec le regard de 2017, on retiendra deux éléments dans ce travail, qui n’étaient pas d’actualité au début des années 1990 mais qui deviendront centraux un quart de siècle plus tard: d’abord, la place accordée aux positions des islamistes, dont Benkirane et Yacine, directement cités ; ensuite une pique, bien sentie, sur les «modes vestimentaires venues de l’Est» mais qui sont vécues comme des vêtements traditionnels du Maroc. Plus globalement, la montée de cet Islamisme est un phénomène d’acculturation.

                                                                   

Avril 1994: L’OMC à Marrakech

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Le General Agreement on Tarif and Trade devient  l’OMC, l’Organisation mondiale du Commerce à Marrakech; «la plus ambitieuse négociation commerciale de l’histoire», espère le Prince Héritier en ouvrant les travaux, dans l’objectif de  «faire prévaloir de droit sur les attributs de la puissance» conclut Hassan II.
Au soleil couchant, feu Hassan II interrompt son discours au moment de l’appel à la prière. Des années plus tard,  ceux qui ont assisté à cette cérémonie voudront y voir une sorte de signal: le monde n’était plus sur le chemin de l’égalité entre grandes et petites nations, mais au contraire sur celui de la force.

 

 

                                                                   

Décembre 1996: Les Etats-Unis

C'est la première visite officielle du Prince Héritier aux Etats Unis, en décembre 1996, alors que le Roi est déjà malade. Sidi Mohammed lance deux idées: «pourquoi pas un traité de libre-échange» et un traitement différent des dettes/créances internationales. A ce moment, Washington qui goûte les fruits de la chute du mur de Berlin est, encore un peu, dans l’idée du «règne du droit». Cela changera très vite…

                                                                   

 

6 janvier 1997: Coup double pour «Smit Sidi»

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En ce début d’année 1997, le 6 janvier, SAR le Prince Héritier fait un coup double, il prononce un discours-programme à la Fondation Bouabid et puis va à la Fondation OCP. Il est reçu par la Fondation Bouabid, le Think-tank de l’USFP où il prononce le discours d’ouverture «sur la recommandation» de son père Hassan II, dira-t-il des années plus tard. La Fondation organisait ce jour-là un de ces colloques dont elle était coutumière aux alentours de l’an 2000. Mais ce jour-là ce n’était pas n’importe quel colloque puisqu’il s’agissait de parler de la «transition démocratique: une construction continue». Rien que le titre en dit long, et ce, un an avant que Youssoufi devienne Premier ministre, le Premier ministre qui assurera le changement de règne. Entre autres, Sidi Mohammed annonce que le Maroc adhérera à la conception universelle «généralement admise» des Droits de l’Homme, alors que jusque-là, Rabat cultivait plutôt sa «spécificité». Autre point fixé par le SAR le Prince ce jour-là, une définition de la démocratie: «construction continue (…) idéal universel (….) qui tire sa vertu de sa capacité à animer et renforcer l’unité de la nation, à préserver les fondements culturels et spirituels (…) pour permettre l’exercice effectif des droits de l’Homme» La Fondation OCP, qui existait depuis 75 ans et était orientée vers la scolarisation des enfants du personnel, s’adjoint une branche: «former pour le changement». L’idée est de préparer des cadres qui n’auraient pas «que» diplômes, ancienneté et réseaux. Il faudra qu’ils aient aussi des résultats performants, une capacité à s’adapter rapidement et un réel talent pour anticiper de manière intelligente. Des banalités pour l’OCP et le secteur privé concurrentiel, mais, sans doute, des nouveautés à valoriser dans l’administration d’aujourd’hui.

                                                                   

Janvier 1997: Le premier concert de l’OPM

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En janvier 1997, le premier concert de l’Orchestre philharmonique du Maroc, dont le Prince Héritier était le président d’honneur: «Il ne manquait que les salles, les auditeurs et l’argent». Mais finalement, ça a marché. Un deuxième orchestre, le Symphonique, a été créé. Bien des musiciens, surtout les militaires, jouent avec les deux. Puis des écoles de musique se sont ajoutées au Conservatoire national; des talents sont nés, d’autres arrivent… Au total aujourd’hui, plus d’une trentaine de concerts par an. L’impossible est devenu réel. Et on n’oubliera pas de signaler une plus que magnifique interprétation de l’hymne du Maroc.

 

 

 

 

 

 

 

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