Economie

Ménages: La moitié du patrimoine financier improductive

Par Franck FAGNON | Edition N°:5089 Le 18/08/2017 | Partager
346 milliards de DH de dépôts à vue
Le poids des transactions boursières des particuliers a chuté de 20 points en dix ans
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Les ménages privilégient encore les produits bancaires classiques pour épargner. Une partie des dépôts dans les comptes à vue pourrait être réorientée vers des produits rémunérateurs pour les clients qui ne sont pas constamment dans le rouge

Les ménages s'orientent de plus en plus vers l'assurance-vie ou d'autres produits de placement. Mais il y a une constante: les arbitrages profitent encore largement aux produits bancaires classiques. Les montants placés dans les comptes d'épargne et les dépôts à terme ont totalisé 246 milliards de DH à fin 2016. Mais le plus gros des avoirs des ménages auprès des banques est logé dans les comptes à vue: 346 milliards de DH à fin 2016.

Une partie de ces fonds pourrait être réorientée vers des produits rémunérateurs, en particulier pour les clients qui ne sont pas constamment dans le rouge. Les particuliers sont de plus en plus sensibles à la nécessité de mieux préparer les vieux jours, mais beaucoup ne savent pas comment s'y prendre. Pour nombre d'entre eux, il y a aussi la volonté de disposer rapidement de leur argent dès que le besoin se manifeste. La liquidité des avoirs est un critère essentiel dans les arbitrages.

Cela explique l'attachement aux placements dans les comptes sur carnet. L'encours des montants versés dans ce produit se chiffre à 149 milliards de DH. Il a augmenté de 42 milliards de DH sur les cinq dernières années malgré la tendance baissière du rendement. Ce placement rapportera 1,3% au second semestre 2017. Après prise en compte de l'inflation, la rémunération est quasi nulle.

Si l'intérêt est fort pour ce produit, ce n'est pas le cas d'autres comme les actions cotées. En dix ans, le poids des transactions boursières des particuliers a fondu de 20 points à 11%. En 2006, ils étaient les principaux investisseurs sur la place devant les institutionnels locaux. Le dynamisme des introductions en Bourse entre 2006 et 2008 a attiré les particuliers sur le marché. Aujourd'hui, les introductions en Bourse sont rares et la phase baissière du marché ainsi que les déboires de quelques émetteurs ont refroidi les particuliers.

Cette situation a poussé certains d’entre eux à investir indirectement sur le marché à travers les OPCVM. Les parts d'OPCVM actions et diversifiés détenues par les personnes physiques résidentes se sont établies à 5,8 milliards de DH à fin 2016 contre 2,5 milliards en 2013. Cette forte hausse s'explique en partie par le rebond de 30% du Masi en 2016. L'investissement des ménages dans les OPCVM révèle aussi leur quête de la sécurité. Les placements dans les OPCVM obligations s'élèvent à 15 milliards de DH. Ils ont augmenté de 25% en trois ans.

 

 

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