Analyse

Daoudi promet «zéro paperasse»

Par Khadija MASMOUDI | Edition N°:5087 Le 16/08/2017 | Partager
Les fonctionnaires doivent se conformer à la liste officielle des documents
«Sans décentralisation, Rabat risque d'être dépassée par les problèmes locaux»
L'urgence d'une refonte de la loi sur les PPP
douadi-087.jpg

Lahcen Daoudi, ministre des Affaires générales et de la Gouvernance: «Toutes les grandes villes doivent être excédentaires et les recettes qui leur sont affectées doivent, en principe, être reversées aux petites communes. Normalement la réforme de la fiscalité locale doit accompagner la loi de finances 2018. C'est ce que dicte le bon sens» (Ph. Bziouat)

Le Maroc est-il attractif pour l'investissement? «Nous avons amélioré notre classement dans Doing Business mais sur le terrain la réalité est tout autre. Nous n'avons pas rapproché suffisamment l'administration des citoyens», soutient Lahcen Daoudi, ministre des Affaires générales et de la Gouvernance.

Les blocages viennent «des mentalités et de l'administration». La paperasse qui change en fonction des fonctionnaires constitue un des principaux handicaps auquel l'investisseur est confronté. «Une décision du gouvernement va interdire aux fonctionnaires d'exiger des documents autres que ceux inscrits sur la liste officielle», déclare le ministre. Pour lui, de vrais guichets uniques doivent être mis en place.

«Il faut déléguer et il faut aussi des compétences»

Les Centres régionaux d'Investissement censés servir de guichet unique ne jouent pas pleinement leur rôle. La Cour des Comptes avait évalué leur expérience et pointé les insuffisances. Ces structures souffrent d'un manque de moyens humains et financiers. Le Comité national de l’environnement des affaires, dont le secrétariat est assuré par le ministère des Affaires générale et de la Gouvernance, compte fixer les grandes lignes de la réforme de ces structures. Ce chantier serait même prioritaire.

Mais à elle seule cette réforme ne suffit pas. Elle devrait s'accompagner d'une véritable déconcentration et décentralisation. «Ce n'est pas normal que toutes les autorisations partent de Rabat. Il faut déléguer et il faut  aussi des compétences au niveau régional. Et c'est le grand problème», poursuit Daoudi qui rappelle au passage que l'administration a du mal à attirer les profils pointus.

Pour lui, soit l'on accélère le processus de décentralisation et de déconcentration, soit «Rabat sera dépassée par les problèmes locaux». La tournée dans les différentes régions devrait permettre de mieux appréhender les problèmes qui bloquent l'investissement et par la suite de créer les conditions d'un véritable développement local.

Un des grands chantiers auquel le gouvernement compte également s'attaquer est celui des partenariats public-privé. Plusieurs projets notamment «les autoroutes» pourraient être réalisées en partenariat avec le privé. Sauf que le cadre législatif actuel est jugé trop contraignant, compliqué voire dépassé. «La refonte du texte sur le partenariat public-privé devient une urgence. Surtout si on veut disposer de marges de manœuvre budgétaires. L'Etat ne peut pas tout faire», souligne Daoudi. La première loi sur les PPP a été publiée en 2015!

 

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc