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France: Le bilan de Macron après trois mois au pouvoir

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5086 Le 15/08/2017 | Partager
Moralisation de la vie politique, révision du droit du travail… premières mesures
Un projet de loi antiterroriste adopté au Sénat
Retraites, assurance-chômage… le calendrier des réformes
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Trois mois après son élection, Emmanuel Macron s’attelle à concrétiser les réformes promises. Certains engagements, comme les baisses d'impôts, ont été confirmés mais restent à concrétiser, d'autres sont restés en suspens.

■ Les deux grands chantiers de l'été: Sont concernées la moralisation de la vie politique et la réforme du droit du travail. En effet, le volet organique des deux projets de loi sur la moralisation «pour la confiance dans la vie politique» a été définitivement adopté la semaine dernière par un ultime vote de l'Assemblée nationale. Ce premier chantier législatif du quinquennat prévoit notamment d'interdire les emplois familiaux pour les parlementaires et la suppression progressive des réserves parlementaire et ministérielle. Certaines promesses du candidat Macron ont toutefois été revues, comme l'interdiction pour les parlementaires d'exercer des activités de conseil, qui ne sera finalement pas absolue. Quant à la réduction d'un tiers du nombre de députés et sénateurs, ou la limitation à trois mandats dans le temps, elle doit intervenir lors d'une révision constitutionnelle parachevée d'ici un an. Par ailleurs, le Parlement a donné son feu vert à la législation par ordonnances (procédure accélérée) annoncée par le président durant la campagne. Parmi les mesures envisagées figurent le plafonnement des indemnités aux salariés en cas de licenciement abusif, la fusion des instances représentatives du personnel, la primauté des accords d'entreprises sur ceux de la branche.

■ Des mesures déjà adoptées: L'état d'urgence a été prolongé jusqu'en novembre. Un projet de loi antiterroriste, destiné à inscrire dans le droit commun certaines mesures de ce régime spécial, non annoncé durant la campagne, a déjà été adopté au Sénat. Du côté du budget, il est prévu pour 2017, la suppression de 4,5 milliards d’euros de crédits déjà gelés dans tous les ministères. Et ce, à la suite d'un avertissement de la Cour des Comptes sur un risque de dérapage budgétaire.

■ D’autres sont en cours: Le Premier ministre Edouard Philippe a annoncé une baisse de la pression fiscale de l'ordre de 11 milliards d'euros en 2018. Ce sont des économies publiques de plus de 20 milliards dont au moins la moitié pour l'Etat. La réforme de l'impôt sur la fortune serait recentrée sur le patrimoine immobilier. L’autre promesse est liée à la hausse du budget des Armées dès 2018, le but est d’atteindre 2% du PIB en 2025. Sur le volet de l’éducation, il est prévu une réduction à 12 du nombre d'élèves en première et deuxième année d'école primaire dans certaines zones prioritaires. Pour ce qui est de la santé, de nouveaux vaccins seront obligatoires en 2018. Aussi, le paquet de cigarettes passera à 10 euros dans trois ans. Par mesure d’économie budgétaire, une baisse de cinq euros touchera les aides mensuelles au logement à partir d'octobre. Une disposition qui ne figurait pas au programme de Macron et qui a suscité la colère des associations de lutte contre la pauvreté, et des étudiants, lorsqu'elle a été divulguée.

■ Ce qui a été confirmé mais reste à préciser: Un calendrier est mis en place pour mettre en œuvre les réformes de l'assurance-chômage, de la formation professionnelle et des retraites. Pour le premier volet, elles seront négociées à l'automne-hiver, avec une loi d'ici début de l’année prochaine. Viendra ensuite le second volet lié au système de retraites dont les orientations seront présentées au 1er semestre 2018. En ce qui concerne la réforme de la politique du logement, elle devrait faire l'objet d'annonces à la rentrée. Elle a été jugée peu efficace pour les moyens employés (40 milliards d'euros). Par rapport au statut de la Première dame (proposition de campagne d'Emmanuel Macron), l'idée de «donner un cadre» officiel à l'épouse du locataire de l'Elysée suscite des oppositions. Des clarifications à ce sujet seront apportées début septembre.

 

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