International

Brexit: Les probables retombées du divorce

Par Amine SAHRANE | Edition N°:5086 Le 15/08/2017 | Partager
Une sortie sans accord commercial pourrait entraîner une hausse de 15% des défaillances en 2019
Sous un tel scénario, le Royaume-Uni «perd sur le long terme»
brexit_086.jpg

Quel serait l’impact de la signature d’un accord commercial post-Brexit entre le Royaume-Uni et l’Union européenne? Euler Hermes a récemment traité la question dans sa publication «Brexit: Pourquoi le Royaume-Uni a vraiment besoin d’un accord commercial de transition avec l’UE?». Le spécialiste de l'assurance-crédit estime la probabilité de la signature d’un accord de libre-échange restreint à 55%.

Sous ce scénario, la taxation moyenne sur les biens échangés s’établit à 3%. Les services et les barrières non tarifaires devraient représenter un coût additionnel de 10% pour les entreprises. La livre sterling pourrait également se déprécier de 5 à 7% ce qui va entraîner une hausse du coût des importations. Cette situation va engendrer une augmentation des défaillances des entreprises de 5% en 2017, 6% en 2018 et 9% en 2019. L’étude écarte toutefois la possibilité que le pays entre en récession.

«La signature d’un tel accord va entraîner une chute de la croissance à +0,3% en 2021. Cette détérioration proviendrait principalement d’une forte baisse de l’investissement (-4%) et des exportations (-2,5%)», analyse Ana Boata, économiste en charge de l’Union européenne chez Euler Hermes. Ces replis se rapporteraient aux changements des conditions commerciales qui régissent les échanges entre le Royaume-Uni et l’Union européenne.

«Au total, nous estimons une perte d’exportations britanniques de biens de 12 milliards de livres sterling et de 14 milliards de livres pour les services en 2021», ajoute Boata. Elle s’attend toutefois à ce que la Grande-Bretagne reste attractive pour les investisseurs étrangers grâce à son bon climat des affaires et à la signature de l’accord commercial avec l’UE.

Dans le cas où le Brexit intervient alors qu’aucun accord de transition n’a été conclu, le Royaume-Uni «sera clairement perdant», prévient Boata. Dès 2019, le nombre d’entreprises défaillantes pourrait augmenter de 15% (3.300 défaillances). Cette hausse va porter le nombre total de défauts de paiement à 25.100 en 2019. Les pertes à l’export pour la Grande-Bretagne pourraient s’élever à 30 milliards de livres sterling en 2019 dans le secteur des biens et à 36 milliards dans celui des services.

Cette perte serait équivalente à un retrait des exportations britanniques de 6% par rapport à 2018. Les investissements reculeront également de 8%. Selon Ana Boata, le royaume devra supporter à long terme une «hausse des coûts de financement, de désinvestissement, un déclin significatif des exportations et de nouvelles dépréciations de la livre».

Ces éléments vont «accroître la pression sur les comportements de paiement, les chiffres d’affaires et les marges des entreprises britanniques», ajoute-t-elle. La probabilité d’un Brexit sans conclusion d’accord commercial est estimée à 20% par Euler Hermes. Le scénario le plus probable reste celui d’une transition souple.

 

 

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc