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Émissions de CO2: Les bons et les mauvais élèves

Par Amine SAHRANE | Edition N°:5085 Le 11/08/2017 | Partager
Les pays de l’OCDE figurent parmi les plus avancés
Plus une nation est riche, et plus ses citoyens sont préoccupés par l’environnement
Le Maroc veut réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 42% à l’horizon 2030
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Le Maroc a beaucoup réduit ses émissions de CO2 par habitant depuis 2005. Le royaume a de grandes ambitions énergétiques, mais il lui reste encore beaucoup à faire.

Une croissance économique soutenue n’implique pas nécessairement de la pollution. C’est ce que montre l’étude sur l’indicateur de découplage, effectuée par l’OCP Policy Center (OCPPC) publiée récemment. Cette méthode repose sur la théorie de la courbe environnementale de Kuznets qui stipule que plus la richesse d’un pays augmente, plus ses citoyens choisissent la qualité de l’environnement. Les individus effectuent ce choix car leurs besoins fondamentaux se trouvent déjà satisfaits. Cela les conduit à chercher à assouvir des besoins plus nobles.

Les deux indicateurs d’analyse sont les émissions de CO2 par habitant et le PIB par habitant. On considère donc qu’il y a un découplage entre ces deux indicateurs quand les émissions de CO2 par habitant augmentent moins rapidement que le PIB par habitant pendant une période donnée. En utilisant la base de données d’EDGAR (Emissions Database for Global Atmospheric Research) et de la Banque mondiale, l’OCPPC a fait différents constats selon les régions.

Les pays de l’OCDE figurent parmi les meilleurs. L’étude déduit une «prédominance d’un découplage fort» dans cette zone. Pour la période de 2005 à 2010, les pays européens de l’OCDE ont réduit les émissions de CO2 par habitant de 7,3% et de 8,2% pour la période suivante. Le rapport explique cette tendance par «des politiques énergétiques en faveur de l’environnement ainsi que par les bonnes performances de pays comme la Suède».

Ce dernier a réduit ses émissions de CO2 par habitant de 34,2% en quinze ans (2000-2015), alors que son PIB pour la même période s’est amélioré de 23,4%. De plus, l’énergie nucléaire et renouvelable représente 73% de son mix énergétique alors que les combustibles fossiles ont constitué 27%. La Suède doit également son succès à ces politiques environnementales. La taxe suédoise sur le carbone est en effet «l’une des plus élevées au monde, estimée à 126 dollars /Tco2 en 2016», relève l’étude.

Le Canada figure aussi parmi les champions de la réduction des émissions de CO2. Alors que les émissions par habitant ont reculé de 3,7%, 7,5% et 3,2% durant les périodes 2000-2005,2005-2010, et 2010-2015 le PIB par individu a augmenté de 8,1%, 7,5% et 3,2% durant les mêmes périodes. Pour réduire ses émissions le Canada s’est appuyé sur une approche sectorielle. L’objectif étant de réduire les émissions de gaz à effet de serre dans des secteurs clés de l’économie tel que l’électricité et le transport. Ces mesures ont été accompagnées par des politiques de création d’emploi afin de stimuler la croissance. 

Pour leur part, les pays en voie de développement sont encore à la traîne. La Chine en est l’exemple le plus frappant. La croissance effrénée qu’a connue le géant asiatique a été accompagnée par d’importantes émissions de CO2. La Chine a toutefois limité sa consommation de charbon au cours des deux dernières décennies. Bien que les émissions de CO2 par habitant aient reculé de 1,1% le découplage reste faible. Pour diminuer la pollution, le gouvernement chinois a adopté une série d’objectifs énergétiques dans son plan quinquennal national de 2016-2020.

Les pays du Moyen-Orient affichent quant à eux des résultats inquiétants. Les indicateurs des émissions de CO2 et du PIB par habitant sont en effet caractérisés par une grande fluctuation. En 2015, l’OCP Policy Center relève même que les émissions ont augmenté alors que le PIB a baissé. Ces pays consomment beaucoup de pétrole (46,7%), sans oublier que la majorité d’entre eux en exporte. La part des combustibles fossiles dans l’énergie primaire du Moyen-Orient est la plus élevée au monde (99,2%), et est bien supérieure à la moyenne mondiale (85,5%).

Des résultats mitigés pour l’Afrique et le Maroc

Pour les pays de l’Afrique l’évolution des émissions de CO2 et du PIB par habitant montre qu’il y a eu un découplage à partir de 1998. L’année 2008 a toutefois marqué un tournant. Alors que l’évolution croissante du PIB par habitant s’est inversée, celle des émissions CO2 a continué à croître. Ces dernières ont poursuivi leur progression jusqu’en 2014. Le Maroc, quant à lui, affiche un découplage faible. Les émissions de CO2 par habitant continuent d’augmenter mais à rythme moins important que le PIB. La consommation du royaume continue également d’être dominée par les combustibles fossiles. Le Maroc a engagé depuis plusieurs années un programme de transition. Il espère à réduire les émissions de gaz à effet de serre de 42% à l’horizon 2030. Il vise également le renforcement de l’utilisation du gaz naturel et des énergies renouvelables.

 

 

 

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