Analyse

Climat des affaires: Les CRI à la recherche d’un nouveau statut

Par Hassan EL ARIF | Edition N°:5085 Le 11/08/2017 | Partager
Le modèle a atteint ses limites
Absence de suivi des projets, aucune base juridique

Première expérience de guichet unique, les centres régionaux d’investissement (CRI) sont à bout de souffle. 15 ans après leur création sur la base d’une directive royale, le modèle a atteint ses limites. Le Chef du gouvernement a annoncé récemment à la seconde Chambre du Parlement qu’un nouveau statut sera défini pour ces structures.

Leurs moyens humains et financiers devront être également renforcés. L’objectif étant de leur permettre de promouvoir l’investissement dans des périmètres élargis conformément au nouveau découpage régional. Les grandes lignes de la réforme des CRI devraient être fixées par le Comité national de l’environnement des affaires, qui a tenu, mercredi 17 juillet, sa 9e session.La Cour des comptes avait évalué l’expérience des CRI et pointé les insuffisances de ces structures dont la mission est d’aider à la création d’entreprises et à l’investissement.

Placés sous la responsabilité des walis et donc du ministère de l’Intérieur, les CRI n’ont ni stratégie, ni objectifs à moyen et long terme et encore moins les ressources nécessaires. Sur les 16 centres existants (leur nombre est passé à 12 pour coller à la régionalisation), deux seulement se sont dotés d’un plan d’action sur trois ou quatre ans: le Grand Casablanca et Souss-Massa-Drâa. Seul celui de la métropole disposait d’indicateurs de performance.

D’autres travaillent sur la base de plans d’action annuels inspirés des stratégies sectorielles. Bien qu’il n’existe aucune base juridique claire les concernant, les CRI bénéficient d’un statut de Service de l’Etat géré de manière autonome (Segma).
Pour assurer le suivi des dossiers d’investissements, les CRI utilisent la solution informatique SI-Invest. Mais à côté, chaque centre utilise des applications différentes. Malgré cela, le suivi fait défaut alors qu’il permet d’identifier les difficultés et d’apporter les améliorations nécessaires.

Les CRI ont permis un saut qualitatif en matière de création d’entreprises. D’où l’amélioration du classement du Maroc dans le Doing Business sur ce critère, passant de la 52e place en 2015 au 43e rang en 2016. Pourtant, les centres doivent faire face à plusieurs contraintes. Les administrations ne sont pas bien représentées au sein de certains d’entre eux.

Par conséquent, à l’exception de Casablanca, Rabat, Marrakech et l’Oriental, les investisseurs sont toujours obligés de faire le tour de plusieurs services censés être présents au niveau du guichet unique. Preuve que le fonctionnement des CRI n’est pas inscrit dans une stratégie globale visant à regrouper les différentes administrations dans un guichet unique.

Ce que recommande la Cour des comptes

La Cour des comptes, qui a évalué l’expérience des centres régionaux d’investissement (CRI), recommande leur implication dans l’élaboration des stratégies sectorielles et des plans de développement régionaux. Les centres doivent également pouvoir proposer des offres territoriales en phase avec les politiques publiques. Au niveau du pilotage, le gouvernement doit préciser le rôle de tous les intervenants (CRI, collectivités territoriales, AMDIE…). La Cour des comptes recommande également d’adapter l’organigramme aux missions des centres. Les magistrats proposent que des antennes soient ouvertes dans les préfectures et provinces de la région pour favoriser la promotion des investissements. Il est également suggéré que les CRI puissent mettre en place des offres foncières dédiées à l’investissement.

 

 

 

 

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