International

Etam fait ses adieux à la Bourse

Par Moulay Ahmed BELGHITI | Edition N°:5084 Le 10/08/2017 | Partager
La société a quitté le marché hier après 20 ans de présence
La faiblesse de son flottant réduit l’intérêt des investisseurs pour l’action
Saga des autres entreprises qui se sont retirées du marché boursier
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Avec son retrait de la Bourse qui lui coûtait cher en termes d’image, Etam compte relancer son activité impactée par la baisse de la fréquentation et le ralentissement de la consommation dans les grands magasins, en Chine notamment (Ph. DR)

L’histoire d’amour entre Etam et la Bourse s’est bel et bien terminée, 20 ans après qu’elle est commencée. Le groupe français de magasins de vêtements s’est retiré ce mercredi de la Bourse de Paris, à la suite de la prise de contrôle quasi totale par les actionnaires majoritaires. Entre fin juillet et début août, les trois familles actionnaires majoritaires d’Etam sont montées à 99% de son capital, au cours d’une offre publique d’achat (OPA) simplifiée, en vue de retirer le groupe de la cote.

Un retrait qui s’est fait sur la base d’un cours de 49,30 euros par action sachant que le capital d’Etam est partagé entre la famille Michior, devenue actionnaire principal en 2009 via sa holding Finora, la famille Tarica et la famille Lindemann. Avant l’OPA, ces familles détenaient déjà à elles seules plus de 95% du capital et des droits de vote, soit le seuil nécessaire pour engager un retrait de la cote. Question de clore une histoire boursière mouvementée. En effet, la présence d’Etam en Bourse lui coûtait cher tout en provocant une certaine inertie, selon le management.

Il fallait dans ce cas trouver une porte de sortie acceptable pour les actionnaires du groupe. Grâce à cette opération qui offre une prime de 50%, ils pourront récupérer une partie du montant de l’opération. Ceci étant, l’action, valorisée à 49,3 euros (prime incluse), demeure loin de ses niveaux les plus hauts de 2007 (plus de 80 euros) en raison de la faiblesse de son flottant qui n’intéressait plus grand monde. Cette sortie de la Bourse devrait lui permettre de relancer son activité qui a été touchée par la baisse de fréquentation et le ralentissement de la consommation dans les grands magasins en Chine.

Etam n’est cependant pas la première à ne pas s’épanouir en Bourse au point de claquer la porte. Plusieurs sociétés l’ont précédée. C’est notamment le cas de Clarins, introduite sur le marché en 1984 pour financer son développement et gagner en notoriété. Chose qu’elle est parvenue à faire, mais elle est vite devenue une proie pour les géants du luxe qui voulaient l’avaler. A cela s’est ajoutée une importante pression imposée par les investisseurs à la recherche de profits immédiats.

Le retrait de la Bourse se fera en 2008 après le rachat par les propriétaires de 35% du capital restant d’Olivier Courtin-Clarins. Au cours de la même année, Oberthur, leader mondial des cartes à puces, claque la porte de la Bourse en novembre. La société a souffert d’un déficit de valorisation et d’image et n’a pu recourir au marché pour financer sa croissance. Elle a, toutefois, voulu retenter l’aventure de la Bourse fin 2015, mais sans succès.

Dell a elle aussi tourné le dos à la Bourse en 2013 pour retrouver son indépendance. Célèbre, la société explose en Bourse avec une capitalisation de plus de 100 milliards d’euros dans les années 2000. Face à la concurrence, Dell a commencé à perdre des parts de marché puis a été rachetée par son fondateur et le fonds Silver Lake à 24,4 milliards de dollars. Ce qui lui a permis de se réorganiser sur les services IT, loin de la Bourse.

 

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