International

France: Le déficit commercial s’aggrave

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5083 Le 09/08/2017 | Partager
Pour le seul mois de juin, il a atteint 4,7 milliards d’euros
La dégradation est plus importante sur l’ensemble du 1er semestre
Facture énergétique plus lourde, petite forme de l’aéronautique
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Après avoir progressé en mai, les échanges marquent le pas en juin dernier. L’évolution est à nouveau plus marquée à l’exportation et le déficit se creuse après s’être fortement réduit. Le reflux des exportations se concentre sur les produits des industries navale, aéronautique, automobile et pharmaceutique. A l’importation, les chiffres du commerce extérieur relèvent de moindres approvisionnements énergétiques, pharmaceutiques, aéronautiques, spatiaux, agroalimentaires et en biens intermédiaires

Le déficit commercial de la France s’est creusé en juin dernier. Selon les chiffres des douanes publiés hier, 8 août, il s’est établi à 4,7 milliards d’euros (il était à 4,4 milliards d’euros en mai). Dans le détail, les exportations refluent partiellement (-2,8% après +5% en mai) et de façon plus marquée que les importations (-2% après +2% en mai). Le déficit cumulé des 12 derniers mois (de juillet 2016 à juin 2017) a atteint 59,8 milliards, contre 50,2 milliards pour l’année 2016.

Par secteur, la détérioration du solde commercial a été plus marquée pour l’industrie navale, en contrecoup de la livraison du paquebot Meraviglia en mai (ndlr, ce paquebot a été livré début juin 2017).
L’évolution de la balance est défavorable pour les produits de l’industrie aéronautique dont les ventes reculent plus que les achats. De même pour les produits de l’industrie automobile (contraction des ventes et fermeté des approvisionnements). Enfin, la diminution de l’excédent des produits chimiques tient à une modération des livraisons aux pays de l’UE.

La principale amélioration de solde concerne les produits énergétiques dont les approvisionnements sont en repli, à la fois pour les hydrocarbures naturels et les produits raffinés. L’évolution est également très favorable pour l’industrie spatiale (prise en compte à l’exportation de trois satellites pour un peu plus de 300 millions d’euros), pour l’habillement (reflux des achats) et pour l’industrie pharmaceutique. Pour ce dernier secteur, le repli des achats est bien plus marqué que celui des ventes. La conjoncture est également plus favorable pour les échanges de biens intermédiaires (hors chimie) et de produits agroalimentaires, du fait de la bonne tenue des ventes et d’un repli des achats.

Par zone géographique, le déficit s’est fortement creusé vis-à-vis de l’Europe hors UE. Avec l’Amérique, la détérioration est également prononcée, au point que le solde redevient déficitaire. Les ventes aéronautiques sont moindres et les approvisionnements augmentent (énergie, notamment).
Le déficit se réduit en revanche sensiblement vis-à-vis de l’UE du fait d’un repli des achats plus marqué que celui des ventes. De moindres achats (habillement, biens intermédiaires) sont également à l’origine de l’amélioration vis-à-vis de l’Asie à destination de laquelle les ventes se maintiennent à un niveau élevé (aéronautique).

Au Proche et Moyen-Orient, le recul des échanges est plus prononcé à l’exportation, ce qui conduit à une nette réduction de l’excédent. La chute la plus importante concerne le Qatar, après des livraisons très élevées d’Airbus en mai.
Le repli aéronautique touche aussi l’Iran, qui enregistre de plus un regain des achats de pétrole brut. Un lourd déficit s’observe ainsi avec ce partenaire. Avec l’Arabie saoudite, le solde s’effrite à peine car les moindres livraisons d’Airbus s’accompagnent d’un recul des achats de pétrole brut et raffiné. Grâce à un repli des achats énergétiques, les soldes s’améliorent en revanche vis-à-vis des Emirats arabes unis, du Koweït et de l’Irak (malgré un recul des ventes de vaccins à ce partenaire).

Le déficit avec le Maroc s’est réduit

En Afrique, la légère amélioration du solde repose sur une hausse modérée des exportations, selon les douanes. De nettes progressions sont néanmoins enregistrées avec l’Afrique du Sud et l’Ethiopie grâce à des livraisons d’Airbus (mais également de produits chimiques et vaccins pour le premier cité). De meilleures ventes (chimie, pétrole raffiné, textiles…) réduisent également le déficit avec le Maroc.
Un recul des achats améliore de son côté les soldes avec l’Algérie (pétrole raffiné) et la Tunisie (habillement, matériel électrique et équipements automobiles). Le solde se dégrade en revanche avec le Nigeria (reflux des ventes de pharmacie) et l’Egypte (achats de gaz en hausse, ventes de turboréacteurs et de blé en repli).

 

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