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Analyse

Le patronat réclame un comité supra-stratégique

Par Hassan EL ARIF | Edition N°:5081 Le 07/08/2017 | Partager
Une structure chargée de la coordination des politiques publiques
L’évaluation triennale obligatoire avec l’entrée en vigueur de la loi organique des finances
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Abdelilah Hifdi, président du groupe CGEM à la Chambre des Conseillers: «La gouvernance et la convergence des stratégies sectorielles font partie de l’ADN de la CGEM (Ph. CGEM)

- L’Economiste: La CGEM est signataire et partie prenante de toutes les stratégies sectorielles. Pourquoi n'a-t-elle jamais soulevé la question de la convergence?
- Abdelilah Hifdi:
Depuis l’avènement de la présidente Miriem Bensalah Chaqroun, nous n’avons pas cessé d’attirer l’attention des pouvoirs publics de manière récurrente sur les mesures à prendre au niveau de la gouvernance des stratégies sectorielles via des outils de coordination et de veille. En même temps, nous avons proposé de promouvoir le partenariat public-privé en tant que vecteur de convergence des stratégies sectorielles à travers des comités de pilotage. Mais il n’y a pas de structure nationale de coordination institutionnalisée à l’instar du GPBM pour les banques, de la FMSAR pour les assurances, pour faire émerger la cohérence souhaitée.
Nous avons affirmé que la verticalité était nuisible à l’efficacité de toutes les stratégies sectorielles. D’ailleurs, rares sont celles qui ont atteint leurs objectifs. Etant membre de la gouvernance de la CGEM depuis de nombreuses années, la convergence des politiques publiques a toujours été au cœur des préoccupations de la Confédération. Surtout que le patronat est signataire de pratiquement toutes les stratégies sectorielles.

- Quid des régions?
- Au moment de la mise en œuvre effective de la régionalisation avancée, et au moment où la CGEM articule vertueusement secteurs et territoires, nous constatons l’absence d’une déclinaison territoriale des stratégies sectorielles. Donc, un déficit de prise en compte de ces stratégies au niveau territorial. La région, avec toutes ses composantes, contribuerait certainement à la convergence des stratégies au niveau local et aurait un effet domino sur la cohérence au niveau national. Et la CGEM a un grand rôle à jouer au niveau des régions.

- Quel sera le rôle du patronat dans la commission de coordination et l’agence d'évaluation?
- Nous avons obtenu l’accord du Chef de gouvernement pour relancer à la rentrée la plateforme gouvernement-CGEM en panne depuis quelques années. Nous discuterons de l’opérationnalisation de l’implication du privé, signataire de toutes les stratégies. La plateforme nous permettra de discuter non seulement des questions de convergence des stratégies sectorielles, mais également de l’environnement des affaires, notamment le social, les accords de libre-échange, la compétitivité… Nous souhaitons que cette plateforme soit le cadre indispensable où s’élaborent et s’articulent toutes les stratégies concernant le secteur privé.

- Comment pourra-t-on réajuster l'horizon temporel des stratégies sectorielles sachant qu'elles ont déjà été enclenchées?
- Il est tout à fait normal d’avoir des horizons temporels longs parce qu’il s’agit de visions sectorielles. Mais il faudra adapter les horizons à la loi organique des finances qui entre en vigueur en 2018 et qui prévoit la programmation triennale. Ce qui permettra une mise en perspective et en cohérence des différentes stratégies. Cet ajustement induira une meilleure articulation entre l’investissement et la performance comme l’exige la loi organique des finances. 
Propos recueillis par Hassan EL ARIF

 

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