Habillage_leco
Economie

L’industrie perd ses emplois

Par Khadija MASMOUDI | Edition N°:5081 Le 07/08/2017 | Partager
4.000 postes en moins au deuxième trimestre
Le chômage en hausse de 0,2 points à 9,3%
Moins de la moitié de la population contribue à la création de richesses
chomage_081.jpg

Le chômage des jeunes et des femmes ainsi que des diplômés reste préoccupant. Dans les villes en particulier, il dépasse de plusieurs points le niveau national. Il est à 23,8% pour les femmes, 40,3% pour les 15-24 ans, 21,4% pour les jeunes âgés de 25-34 ans et 19% pour les diplômés

Mauvaise note dans l’industrie (y compris l’artisanat) sur laquelle reposent les espoirs d’un nouveau modèle économique. Ce sont 4.000 emplois qui ont été perdus dans ce secteur au deuxième trimestre, selon le Haut commissariat au Plan. Une perte enregistrée surtout dans le milieu rural et qui intervient après trois années marquées par une création annuelle moyenne de 14.000 emplois!

A l’exception de l’industrie, tous les autres secteurs se sont bien comportés. L’agriculture, sous l’effet de la bonne pluviométrie, a renoué avec l’emploi: 52.000 postes au niveau national  contre des pertes de 175.000 en 2016, 58.000 en 2015 et  7.000 en 2014. Ces nouveaux emplois sont majoritairement localisés dans le rural avec  49.000 emplois contre 3.000 dans les villes.

Les services, gros pourvoyeurs de travail des trois dernières années (60.000 emplois en moyenne par an), ont créé 19.000 postes dont 12.000 dans le rural. La reprise dans le BTP se poursuit avec  7.000 emplois au niveau national, dont 5.000 dans le rural.
Ce deuxième trimestre est marqué par une légère hausse du taux de chômage: 9,3% au niveau national contre 9,1% l’année dernière. Au total, 1,12 million de personnes sont toujours à la recherche d’un emploi.

Si dans le rural, le taux de chômage a baissé de 0,3 point et avec le nombre de chômeurs de 12.000 personnes, dans les villes, il a pris 0,6 point. Il s’est établi à 14%, dépassant ainsi le niveau national de plusieurs points. Les taux de chômage les plus élevés sont enregistrés parmi les jeunes âgés de 15 à 24 ans, les diplômés et les femmes (voir infographie).

Dans les villes en particulier, le chômage de ces catégories atteint des niveaux importants:  23,8% pour les femmes, 40,3% pour les jeunes âgés de 15-24 ans, 21,4% pour les 25-34 ans et 19% pour les diplômés. Comme l’explique la Banque mondiale dans son mémorandum sur le Maroc, «le chômage des jeunes diplômés ne s’explique pas seulement par l’offre de compétences qui serait de mauvaise qualité. Il est aussi lié à un déficit de demande de compétences exprimée par les entreprises» (cf. L’Economiste n°5008 du 21/04/2017). Le tissu productif connaît une transformation structurelle lente qui ne permet pas d’accompagner la croissance des flux de diplômés.

Le taux d’emploi, c’est-à-dire le rapport entre la population active occupée et la population en âge de travailler (15 ans et plus), a reculé de 0,5 point au niveau national, passant à 42,9%. Ce qui veut dire que moins de la moitié de la population contribue à la création de richesses renvoyant ainsi à l’éternel problème de la faible contribution du travail à la croissance (un taux de croissance de 4,8% est prévu au deuxième trimestre par le HCP)!

L’autre phénomène préoccupant est la baisse continue du taux d’activité: 47,3% au deuxième trimestre contre 47,7% l’année dernière. Les jeunes âgés de 15 à 24 ans et les femmes sont découragés et ne se présentent plus sur le marché du travail. En tout cas, une femme sur quatre en âge de travailler participe au marché de l’emploi (23,4%). D’ailleurs le Maroc est classé parmi les 20% des pays où la participation des femmes à la vie active est la plus faible dans le monde!

Les femmes vivant en milieu urbain sont plus touchées. «La participation plus élevée des femmes en milieu rural ne doit pas être considérée comme un résultat nécessairement positif dans la mesure où elle est souvent dictée par la nécessité et la pauvreté», souligne la Banque mondiale. L’institution estime que «la croissance économique marocaine est non seulement peu intensive en main-d’œuvre, mais reste localisée dans des secteurs qui emploient traditionnellement peu de femmes». Il en résulte  donc une faible demande de travail féminin, en particulier parmi celles ayant une éducation secondaire en milieu urbain.

 

 

Retrouvez dans la même rubrique

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc