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Régions

Oriental: La plage de Ras El Ma se dégrade

Par Ali KHARROUBI | Edition N°:5080 Le 04/08/2017 | Partager
La jungle des commerces illégaux
Le règne de l’anarchie et la malpropreté
Autorités et services de nettoyage aux abonnés absents
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Chameaux pattes dans l'eau, tables entassées, détritus à même le sol, entassement des estivants, marchands ambulants au ras des vaguelettes... et on imagine aussi les cris des enfants surexcités et les mauvaises odeurs, entre relents putrides de nourriture en décomposition et odeurs d'animaux à la peau tannée...  Une plage qui ressemble plus à un souk rural, qu'à un endroit de détente. Et dire qu'à quelques encablures de là, le drapeau bleu flotte fièrement sur la plage de Saïdia...  (Ph. A.K)

Considérée comme l’une des plus belles plages de la méditerranée, Ras El Ma (alias Cap de l’eau ou Cabo aqua), province de Nador, pâtit du désordre à cause de la mauvaise gestion et l’anarchie qui y règne. Tout est à vendre sur cette plage même l’eau de mer est utilisée par les vendeurs ambulants pour faire bouillir leur maïs. La plage est squattée par des parasols, tables et chaises à louer, sans aucun alignement qui respecte les normes.

La vingtaine de maîtres nageurs, chargée de protéger les baigneurs, siffle à tous vents pour empêcher les jeunes de nager loin du bord. Pourtant Ras El Ma est constituée de deux ponts naturels qui facilitent la natation même pour les novices. Toute tentative de s’informer sur le nombre d’interventions de ces maîtres nageurs est vouée à l’échec. Il faut s’adresser à leur chef qui est souvent à Nador (à 60 km) et qui ne répond pas au téléphone.

L’utilisation abusive des jet-ski dérange les baigneurs et risque de provoquer des accidents. La promenade au bord de la mer est impossible, vu que les estivants occupent terre et eau. «Au fur et à mesure que l’on s’approche de la digue qui sépare la plage du port, l’endroit le plus sécurisé, on ne peut longer le bord de la mer car les loueurs de parasols et tables exploitent tout le rivage», regrette Ahmed Boudhane, un MRE qui trouve la plage envoûtante mais désordonnée.

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Quant aux vendeurs ambulants, ils sont légion: marchands de jouets d’eau pour enfants (bouées et matelas gonflables, baby bath water, jouets hippocampe…), tee-shirt pour estivants, amuse-bouches, cacahuètes, pépites, cigarettes, beignets, glaces… même les mendiants infestent ce lieu censé être un havre de détente. Cet engouement occasionne des déchets de tous genres laissés par les estivants. Certains d’entre eux n’ont pas le sens de la responsabilité. De leur côté, les services de collecte de la commune ne sont pas efficaces. Ils ne sont pas aussi pointilleux en matière de propreté et de sécurité qu'ils ne le sont pour la location des espaces de détente.

Pourtant, Ras El Ma est la seule plage entre la station balnéaire de Saïdia et Marchica qui pourrait assurer un tourisme de qualité pour la masse et réussir le pari écologique d’une plage propre et sécurisée. Elle dispose d’atouts naturels à faire pâlir ses concurrentes de la côte méditerranéenne et même les déclasser: une plage étalée sur plus de 8 km avec une profondeur de 200 m, du sable doré et fin, un recul naturel constitué, par endroits, de falaises qui offrent des vues panoramiques, des rochers naturels pour amateurs des plongées, qualité nutritive de ses poissons et fruits de mer, produits bio du terroir en abondance, petit port de pêche ouvert à toutes les curiosités, eau paisible pour les fans des sports nautiques. Et pourtant...

Atouts inexploitables

Ras El Ma est l’exemple typique d’une localité côtière qui peut tirer profit de son emplacement géographique: proximité des trois grandes villes de la région (Nador, Berkane et Oujda), important réseau routier, proximité du Sibe de la Moulouya, un environnement naturel diversifié, arrière-pays envoûtant, importante communauté MRE attachée à sa région natale, beauté de ses plages, etc. Elle draine plus de 500.000 estivants par an qui passent la journée à la plage et rebroussent chemin le soir. À part une centaine de maisons ou logements équipés pour la louer, difficile de trouver une chambre pour passer la nuit. Un handicap de taille en attendant que la localité se dote d’une logique de ville dans le cadre d’un plan d’aménagement qui prend en considération l’ensemble des attentes urbanistiques et économiques.

De notre correspondant,
Ali KHARROUBI

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