Analyse

Cactus Aït Baâmrane : «La figue de barbarie n’est pas assez valorisée»

Par Fatiha NAKHLI | Edition N°:5079 Le 03/08/2017 | Partager
L’industrialisation pour optimiser l’abondance de la matière
Accompagnement pour prolonger la durée de vie du fruit durant le stockage et la commercialisation
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Ali Berrada est expert en Réseaux d’entreprises et Cluster de l’Onudi. Pour lui, il est impératif de tout mettre en place pour mieux valoriser le cactus, un produit à fort potentiel (Ph. L’Economiste)

- L’Economiste: Que représente le cactus d’Ait Baâmrane pour la Région Guelmime Oued-Noun?
- Ali Berrada:
C’est un potentiel économique énorme et la culture du figuier de barbarie occupe une place importante dans la vie de la population. La culture de ce fruit étant parfaitement incorporée à l’agriculture locale, elle constitue pour les foyers une véritable source de revenus. La qualité gustative de la figue d’Ait Baâmrane et sa tardivité par rapport à la production d’autres régions marocaines, l’ont rendue très populaire et fortement appréciée.
D’ailleurs, le prix de vente des figues de barbarie d’Aït Baâmrane est souvent supérieur  à celui d’autres régions. Ce qui démontre que le consommateur lui reconnaît des caractéristiques particulières pour lesquelles il est disposé à payer un prix plus élevé. L’abondance de la matière première dans la région peut ouvrir le champ pour une industrialisation à travers la valorisation des fruits de figues de barbarie en plusieurs produits.
- Est-ce le cas aujourd’hui?
- Oui, toutefois la valorisation reste assez faible, il faut le reconnaître. Sachant qu’il y a de plus en plus d’engouement pour cette plante dont toutes les parties peuvent être utilisées à des fins médicinales, diététiques et cosmétiques. Notamment, pour la fabrication de la poudre de raquettes très demandée par les diabétiques et les gens souffrant d’un taux de cholestérol élevé. De fleurs séchées utilisées comme tisane pour traiter les maux des reins et prévenir le cancer de prostate. D’huile de graines des figues de barbarie, utilisée comme anti-âge en cosmétique, de filets de raquettes en saumure ou en vinaigre, ou encore de fleurs séchées utilisées en cosmétique comme base des crèmes et élixir nutritif de la peau. La mise en place de structures dédiées à la valorisation et au développement de la gamme de produits est nécessaire à la fois pour optimiser tous les avantages que représente la figue de barbarie d’Ait Baâmrane et garder un maximum de valeur ajoutée dans la région. Il faut aussi mettre en place les conditions nécessaires pour favoriser la commercialisation particulièrement du fruit frais aussi bien au niveau national qu’international, et atténuer ainsi la prédominance des commerçants intermédiaires qui acheminent le fruit vers les marchés de gros des fruits et légumes des principales villes du Royaume. Et c’est l’objectif escompté par le PAMPAT.

- Qu’est-ce que l’Indication géographique protégée peut apporter à la filière?
- L’objectif principal pour une appellation de la figue de barbarie d’Aït Baâmrane est la protection juridique des deux écotypes Aissa et Moussa. Et pour les atouts de leurs fruits qui les distinguent des autres variétés, contre toute sorte d’exploitation négative et la perte de la qualité et la notoriété des figues de barbarie d’Aît Baâmrane sur le marché. Le but est également de promouvoir l’esprit collectif entre les acteurs de la filière cactus, de diminuer l’exode rural en créant de l’emploi localement, de promouvoir des pratiques agricoles respectueuses de l’environnement… Et d’assurer une distribution équitable de la valeur ajoutée sur tous les acteurs de la filière.

- Quid des mesures d’accompagnement de l’Onudi à la filière?
- En concertation avec l’ADA, nous avons mis en place un programme d’accompagnement, selon une approche chaîne de valeur, dont l’objectif est d’améliorer la production et la qualité du fruit. Mais aussi pour prolonger leur durée de vie durant le stockage et la commercialisation, ainsi que la conformité aux exigences des marchés national et international. Parmi les initiatives réalisées ou en cours, on peut citer la formation des agriculteurs à travers notamment une nouvelle technique (la scozzolatura) mais aussi la réalisation d’un guide et des mini-films de bonnes pratiques de la conduite de la culture de cactus en français, en arabe et en amazigh. Le programme les accompagne également pour l’obtention des autorisations et certifications telles que l’ONSSA, l’IGP, le Global Gap pour l’unité de conditionnement…
Propos recueillis par Fatiha NAKHLI

 

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