International

La Chine veut réduire ses importations de déchets

Par Amine SAHRANE | Edition N°:5077 Le 01/08/2017 | Partager
Elle interdira 24 catégories de résidus à partir de septembre prochain
La proscription portera sur certaines matières de plastique, papier et textile
En conséquence, les prix pourraient baisser
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«Cette interdiction, si implémentée, aura un sérieux impact sur l’industrie globale du recyclage qui a, au cours des 25 dernières années, supporté la Chine dans sa croissance économique», souligne Arnaud Brunet, directeur général du Bureau de recyclage international (BIR) (Ph. AFP) 

La Chine compte bouleverser le marché du recyclage de déchets. Son ministère de l’Environnement a notifié, le 18 juillet dernier, l’Organisation mondiale du Commerce (OMC) de son intention de proscrire l’entrée de 24 catégories de déchets solides sur son territoire. Cette interdiction concerne certains résidus de plastique, de papier et de textile.

Pékin compte appliquer cette résolution dès septembre prochain, et la justifie en mettant en avant un argument environnemental. «Nous avons constaté que de grandes quantités de déchets de mauvaise qualité, et même dangereux, sont mélangés avec des déchets solides», explique le ministère de l’Environnement. Cette situation exposerait la Chine à une pollution qui serait «sérieuse».

Pékin veut également fermer les usines de recyclage les plus polluantes du pays et a déjà renforcé le contrôle de la qualité des déchets importés. Quelques économistes pensent toutefois que l’objectif premier des Chinois est de supporter leur industrie de recyclage. L’hypothèse est qu’ils cherchent à faire baisser les prix à l’importation des déchets. L’empire du Milieu en est en effet le premier importateur mondial.

En 2015, le pays a acheté 49,6 millions de tonnes d’ordures (selon les chiffres du ministère de l’Environnement). Une telle mesure va forcément impacter la demande sur le marché et va également favoriser les acteurs du secteur capables de fournir des déchets de haute qualité.

La Chine, connue pour ses programmes de développement économique bien ficelés, avait lancé en 2017 un «plan pour l’augmentation de 67% du chiffre d’affaires de l’industrie du recyclage en 2020 par rapport à 2015», affirme Vincent Aurez, expert en économie circulaire du cabinet EY. Les premiers exportateurs mondiaux des déchets seront fortement affectés par cette décision.

Les exportations des Etats-Unis ont atteint les 5,6 milliards de dollars en 2016. Pour l’Union européenne, la Chine représente «50% de ses exportations de déchets», explique à l’AFP Damien Dussaux, chercheur au Grantham Research Institute on Climate Change de Londres. Dans le court terme, cette baisse de la demande va se traduire par un recul des prix. Un effet bénéfique pour l’industrie chinoise de recyclage, mais en même temps négatif pour les pays exportateurs.

 

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