Entreprises

Finance participative: Beaucoup de potentiel et ... d’incertitudes

Par Franck FAGNON | Edition N°:5076 Le 31/07/2017 | Partager
Comme toute nouvelle activité, il faudra beaucoup de vulgarisation
Une part de marché de 8 à 10% en dix ans serait un succès
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Les banques participatives ont lancé leurs premières offres mais, il faudra plusieurs mois et beaucoup de vulgarisation pour affiner les analyses sur le potentiel du marché (Ph. Jarfi)

«C’est un aboutissement de sept années de labeur», confie entre deux appels téléphoniques, Youssef Baghdadi, président du directoire de Bank Assafa la banque participative du groupe AWB, lors du lancement de la nouvelle offre. Mais, il reste encore beaucoup à faire.

Les clients pourront pour l’instant, ouvrir un compte, effectuer des opérations de change. Pour épargner ou contracter un crédit, il faudra patienter encore quelques mois. Même si le contrat de Mourabaha a été visé par le Conseil supérieur des Oulémas, le déploiement des premières offres de crédit est conditionné à l’aboutissement du chantier du Takaful. Des experts prévoient une issue avant la fin de l’année alors que d’autres penchent plutôt pour le premier trimestre 2018. En attendant, «les clients pourront effectuer des simulations», relève Baghdadi.

Attendus depuis plusieurs années, il faudra en plus beaucoup de temps pour permettre à la clientèle de se familiariser aux produits participatifs. Il y a encore beaucoup d’incompréhensions. Comme toute nouvelle activité, il faudra beaucoup de vulgarisation.

Pour les banques, le potentiel de la finance participative est encore difficile à cerner. «Toute prévision ne serait que spéculation», estime Fouad Harraze, directeur général de Al Akhdar Bank, filiale du groupe Crédit Agricole du Maroc. «La compréhension de la finance participative par le grand public n’est pas au niveau suffisant pour que les gens puissent se prononcer d’une manière sérieuse», ajoute-t-il.

Pour le dirigeant, il faudra quelques mois de vulgarisation pour sortir avec des analyses un peu plus consistantes sur le potentiel du marché. Au regard de l’engouement que suscite la finance conforme à la Charia, atteindre 8 à 10% de part de marché dans un horizon de dix ans serait succès, laisse entendre Baghdadi.

Pour développer cette activité et coller aux attentes des clients, les banquiers surtout ceux qui viennent de la banque conventionnelle doivent abandonner un certain nombre de réflexes. La formation des ressources humaines est un élément clef dans le développement de cette nouvelle industrie. Les bons réflexes notamment en matière de gestion des risques doivent être renforcés. En revanche, il faudra abandonner d’autres ou les modifier pour s’adapter au nouveau modèle.

                                                        

Les plans d’Al Akhdar Bank

AL Akhdar Bank, la filiale de Crédit Agricole du Maroc et ICD (filiale de la Banque islamique de développement) prévoit, comme d’autres acteurs, le lancement de son offre au début du quatrième trimestre 2017. L’offensive de Bank Assafa et Umnia Bank ne perturbe pas ici. «C’est un chantier sur lequel nous travaillons depuis longtemps.

Il est important pour nous de démarrer en ayant tous les services qui permettent de satisfaire les besoins de la clientèle en terme de services de base et surtout des produits de financement. Chose qui n’est pas possible aujourd’hui en l’absence du Takaful par exemple», confie Fouad Harraze, directeur de Al Akhdar Bank. 

Al Akhdar Bank démarrera avec huit agences. En plus de la couverture des grandes zones, la banque va se déployer dans les grands bassins agricoles et les zones rurales. De sa maison mère, la banque va notamment garder la mission de financement de l’agriculture et plus globalement du monde rural. C’est un domaine dans lequel la finance participative pourra apporter davantage de solutions. «Nous venons compléter la panoplie de produits de financement des projets du Plan Maroc Vert et des programmes gouvernementaux», indique Harraze.

L’établissement s’adressera à toutes les catégories de clientèle (particuliers, professionnels, commerçants, entreprises...) dans son réseau d’agences mais aussi à travers d’autres canaux de distribution. «La banque doit refléter l’ère dans laquelle elle a vu le jour», fait savoir Harraze.

 

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