International

Le FMI muscle son action anti-fraude

Par Radia LAHLOU | Edition N°:5075 Le 28/07/2017 | Partager
Objectif, combattre le financement du terrorisme
Coopération internationale renforcée demandée par Lagarde
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CHRISTINE Lagarde met les bouchées doubles en matière d’évasion et de fraude fiscale. Le fonds vient d’engager de nombreuses mesures visant à prévenir tout abus dans l’utilisation du système financier. 
Repérer et communiquer les flux financiers suspects, saisir le produit et condamner les coupables, telles sont les modalités de ces mesures. Évidemment, jamais le FMI ne pourrait, seul, mettre en place ce vaste programme. Ce qui a permis des progrès aujourd’hui, c’est la collaboration étroite avec les pays membres et l’organisme normalisateur, le Groupe d’Action financière (GAFI). Une aide technique dans ce domaine a été fournie à 120 pays permettant ainsi à des pays comme le Népal ou le Soudan à ne plus être contrôlés par le GAFI et de se reconnecter au système financier mondial. La lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (LBC/FT), est l’une des activités majeures du FMI. L’ensemble de l’économie souterraine est un fléau qui menace dangereusement et de manière continue, la stabilité économique et financière. Pour Christine Lagarde, il ne fait aucun doute que leur action doit se porter sur trois fronts précis. 
Premièrement, le FMI doit impérativement lutter contre la corruption et la fraude fiscale à toutes les échelles. En aidant les pays dans leur lutte, l’institution a déjà permis la saisie de plusieurs centaines de millions d’euros provenant de délits fiscaux. 
Deuxièmement, des moyens efficaces de lutte contre le financement du terrorisme doivent être mis en place. Au Soudan par exemple, le fonds a collaboré avec les dirigeants afin «d’établir un dispositif d’application de sanctions financières ciblées». En revanche, cette mesure à elle seule ne suffit pas. Pour Christine Lagarde il est impératif de commencer à utiliser les technologies financières à disposition pour renforcer les défenses liées à ce problème. Si ces dernières peuvent être utilisées à mauvais escient, notamment à cause du caractère anonyme des monnaies virtuelles, les autorités en charge de la surveillance de ces dérives peuvent également s’en servir à leur avantage.  Enfin, troisièmement, il faut absolument que les pays de petite taille ou fragiles, puissent être correctement connectés au système financier mondial. Avoir des relations de correspondants bancaires (RCB) est une nécessité pour y parvenir. Dans le cadre d’opérations bancaires internationales, les RCB sont des soldes détenus pour une banque étrangère et utilisés pour le règlement de transaction en devises. Pour ce dernier point, le problème qui se pose est que les banques opérant à échelle mondiale ont eu tendance à réduire leurs activités de correspondants par peur de transgresser les règles relatives à la LBC/FT. Pourtant cette réduction est néfaste pour plusieurs pays d’Afrique, du Moyen-Orient, d’Amérique latine ou encore de pays d’Europe émergente. Le GAFI a fini par préciser clairement les attentes réglementaires dans le domaine de la LBC/FT ce qui devrait ralentir la réduction des RDB. C’est une vraie bonne nouvelle.

 

Le Maroc sur la bonne voie

POUR rappel, le FMI a achevé en janvier dernier les consultations de 2016 avec le Maroc. L’institution a félicité le Royaume pour ses réformes et sa politique économique et s’est également réjoui de la solidité du secteur bancaire marocain. Néanmoins, le fonds a souligné qu’il était important de continuer les réformes structurelles et a rappelé qu’il attendait dans les plus brefs délais la mise en place d’une politique nationale pour lutter contre la corruption.

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