International

Affaire «Gürtel»: Rajoy devant la justice

Par Tilila EL GHOUARI | Edition N°:5075 Le 28/07/2017 | Partager
Il affirme «ne pas être au courant des affaires financières» de son parti
Les socialistes exigent sa démission
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«Il y a une séparation claire et nette entre les affaires économiques et politiques du Parti populaire (PP)», a assuré le Chef du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy, lors de son témoignage devant la Cour de justice (Ph. AFP)

UNE première en Espagne, l’actuel Chef de gouvernement, Mariano Rajoy, passe devant le tribunal pour l’affaire «Gürtel», portant sur des faits de corruption touchant son parti politique PP (Parti populaire). Appelé à témoigner mercredi dernier, Rajoy a assuré devant la Cour de justice de San Fernando de Henares, «ne pas être au courant des affaires financières» du parti conservateur qu’il dirige depuis 2004. «Il y a une séparation claire et nette entre les affaires économiques et politiques au sein du parti», a-t-il affirmé.  
Bien qu’il ait dû se présenter en tant que témoin, pour l’opinion public, Rajoy est considéré aussi coupable que les accusés assis sur le banc. Il était arrivé en voiture au tribunal échappant aux insultes de manifestants qui veulent le voir derrière les barreaux. Le chef du Parti populaire a tenté à maintes reprises d’éviter le procès, jusqu’à demander aux magistrats de comparaître par vidéoconférence, mais ces derniers ont refusé. Le président du PP s’est donc rendu physiquement devant la Cour de justice, néanmoins la disposition des différents acteurs du procès a été modifiée. Il a ainsi évité de s’asseoir au même endroit que les témoins et accusés afin que les images ne l’accablent pas. Rajoy n’a cependant pas été épargné par les questions embarrassantes. En effet, il a dû préciser les fonctions qu’il occupait au sein de son parti lors des premiers faits de corruption remontant aux années 1999 à 2005. «Je n’ai jamais assisté à aucun débat ni sur le budget, ni sur les comptes depuis que je suis à la direction», déclare le Chef du gouvernement. 
Ce dossier judiciaire, premier en son genre, a été ouvert en octobre 2016. Au total, 37 prévenus et plusieurs entreprises accusées d’avoir versé des pots-de-vin à des membres du Parti populaire, en échange de «juteux» contrats publics. Parmi ses protagonistes, l’entrepreneur, Francisco Correa, et l’ancien intendant et trésorier du PP, Luis Barcenas. Le trésorier inculpé de corruption, de blanchiment d’argent et de fraude fiscale est en prison depuis juin dernier. Il s’était résigné à collaborer avec la justice. Pour sa défense, le Chef du gouvernement espagnol a affirmé avoir «coupé tout contact avec Correa et Barcenas dès qu’ils ont été mis en cause».
Cette affaire n’est pas un cas isolé dans la rubrique des scandales de corruption au sein du Parti populaire. La partie civile, l’Association d’avocats démocrates pour l’Europe (ADADE), s’est battue pendant des années pour que Rajoy vienne s’expliquer sur les ambiguïtés financières de son parti. Le secrétaire général du Parti socialiste Pedro Sanchez a renchéri en demandant à Mariano Rajoy de démissionner «par dignité de la démocratie» car il serait le «principal responsable politique du climat de corruption».

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