International

Renault: Compromis autour des recrutements

Par Radia LAHLOU | Edition N°:5074 Le 27/07/2017 | Partager
Déjà 1.200 embauches sur les 3.600 promises aux syndicats
Mésentente autour de l’emploi des intérimaires
La CFDT «attend des actes» pour un dialogue social favorisé
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 Grâce à un accord avec 3 syndicats et en échange du recrutement, Renault a obtenu une flexibilité accrue dans l’organisation du travail (Ph. Bziouat)

Renault est en avance sur les objectifs de recrutement fixés par l’accord triennal. Au terme de 6 mois, le constructeur a déjà engagé 1.200 salariés en CDI. Cet accord signé en janvier dernier avec 3 syndicats prévoyait 3.600 embauches d’ici fin 2019 ainsi qu’une réduction de moitié des intérimaires pour Renault. En échange, le constructeur a obtenu une flexibilité accrue dans l’organisation du travail. 
L’agenda prévoyait 1.800 embauches pour 2017, aujourd’hui Renault a réalisé les deux tiers. Les recrutements en CDI sont «dans la trajectoire» selon Franck Daoût de la Confédération française démocratique du travail (CFDT). En revanche, le recours aux intérimaires n’aurait quant à lui «pas bougé».
Le deuxième volet de l’accord signé avec la CFE-GCC, la CFDT et FO, concerne le dialogue social. Ce volet a pour but d’améliorer les conditions de travail des salariés qui ont un rythme de production très soutenu. Aujourd’hui, le deuxième syndicat de Renault constate «une poursuite de l’intensification du travail» et estime que les embauches «ne compenseront pas le nombre de départs». Renault de son côté explique que le recours à l’intérim «reste élevé» justement en raison de «l’activité industrielle très soutenue» et que «les recrutements vont contribuer à réduire le nombre d’intérimaires». Le groupe ajoute que «80 des ouvriers» embauchés sont des ex-intérimaires. 
Le syndicat FO quant à lui tente de temporiser. Sa représentante Mariette Rih, considère qu’il «faut d’abord recruter» et faire un bilan à la fin de l’accord. Bruno Azière de la CGE-CGC «ne s’attendait pas à ce qu’il y ait un résultat si notable en si peu de temps».
Sur la question du dialogue, les syndicats restent sur leur faim. Ces derniers regrettent que l’expérimentation d’ouvriers référents qui font remonter à la direction tout type de problème ne soit restée qu’à Flins. Toutes leurs « propositions dans les autres usines pour libérer la parole sont restées lettre morte.» Aujourd’hui la CFDT «attend des actes». Renault se défend en soulignant qu’il n’est pas seulement question de faire un «copier-coller» de l’expérience de Flins et que de ce fait l’exportation aux autres usines nécessite «un travail de longue haleine».

Kamil Abdelhay HAMDOUCH

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