Habillage_leco
Competences & rh

Troubles de l’apprentissage: «La détection doit d’abord se faire à l’école»

Par Ahlam NAZIH | Edition N°:5072 Le 25/07/2017 | Partager
Des modules dédiés doivent être inclus dans la formation des profs
Les orthophonistes conçoivent, pour la première fois, un test marocain
sara_zarkik.jpg

Le premier test marocain d’orthophonie sera soumis à des enfants de plusieurs régions afin d’être affiné et généralisé. Pour Saara Zarkik, présidente de l’Association marocaine des orthophonistes, il est essentiel que les enseignants aussi soient formés à la détection des troubles d’apprentissage (Ph. F. Al Nasser)

- L’Economiste: Votre association intervient-elle dans les écoles publiques?  
- Saara Zarkik: Nous intervenons quand on fait appel à nous pour des opérations de sensibilisation ou de dépistage. L’académie régionale de l’éducation et de la formation de Rabat nous a sollicités, pour la première fois, l’an dernier, à l’occasion de deux journées de sensibilisation aux troubles de l’apprentissage qu’elle avait organisées. C’était en partenariat avec une ONG. Nous avons présenté les troubles aux directeurs et inspecteurs, et il y avait beaucoup de questions. Nous nous sommes rendus compte qu’ils n’étaient pas du tout informés. Pour notre part, nous sommes prêts à nous mobiliser pour l’intérêt général des enfants, afin de lutter contre la déperdition scolaire. 

- Mais les enseignants doivent d’abord être formés à ces questions…
- Effectivement, il est essentiel qu’ils bénéficient durant leur formation initiale de modules dédiés aux troubles du langage, oral et écrit. Il est important que les enfants soient au moins détectés à l’école. Si les enseignants peuvent faire cette première détection, nous gagnerons beaucoup de temps. Nous aimerions que les personnes en charge de la formation des profs viennent nous rencontrer. Nous sommes prêts à les accompagner bénévolement, dans l’intérêt des enfants. 

- Aujourd’hui vous expérimentez pour la première fois un test marocain d’orthophonie?
- C’est une première au Maroc. Nous avons conçu ce test, en arabe et en français, afin de l’adapter à la population marocaine. Jusque là, nous utilisions des tests français. Il concerne tout ce qui a trait au langage écrit et à ses prérequis, parce qu’il ne suffit pas que l’enfant sache lire et écrire, il faut aussi que sa mémoire et sa conscience phonologique fonctionnent bien.
La passation d’aujourd’hui nous permettra de le rééquilibrer et de le peaufiner. L’expérience sera généralisée à d’autres régions, afin d’aboutir à un modèle utilisable partout au Maroc.   

- Cela permettra aussi d’apprécier le taux de prévalence des troubles…
- Tout à fait. Une fois que nous aurons les résultats de cette première évaluation, nous passerons le test à des enfants normaux, afin de pouvoir comparer. C’est un travail qui nous tient à cœur, car il y a un véritable problème dont nous ne nous rendions pas compte avant. 

- Combien d’orthophonistes existe-t-il au Maroc?
- Nous ne disposons pas de statistique officielle, mais nous sommes en train d’y travailler. D’après nos premières estimations, nous comptons entre 250 et 300 orthophonistes pour tout le Maroc. C’est très peu!
Les orthophonistes exercent dans le public et le privé. Dans le public, c’est surtout les CHU et les grands centres de santé. Cependant, il y a des déserts médicaux, comme partout. Cela reste, par ailleurs, un soin coûteux, qui n’est pas correctement pris en charge par la sécurité sociale et les assurances maladie.

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc