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Economie

Ecole: L’uniforme scolaire revient

Par Ahlam NAZIH | Edition N°:5070 Le 21/07/2017 | Partager
Afin de consacrer l’esprit d’égalité entre les élèves
Le coût devrait en être supporté par les parents
Le staff pédagogique a aussi été invité à soigner son look

Il en a pris des décisions Mohamed Hassad depuis sa nomination à la tête de l’Education nationale. Ré-autoriser les écoles privées à engager des profs du public, mettre fin aux vacances régionalisées, repeindre les murs de toutes les écoles, fixer la rentrée, pour la première fois, au 7 septembre, limiter le nombre d’élèves au primaire à 30 par classe… toutes ne sont pas stratégiques, mais elles témoignent de sa volonté de changer les choses. 
Dernière décision en date, la généralisation de l’uniforme scolaire pour tous les élèves. Une note a été envoyée dans ce sens à toutes les académies régionales et à tous les établissements. L’objectif est de «consacrer l’esprit d’égalité entre les élèves, renforcer leur sentiment d’appartenance, créer un environnement pédagogique harmonisé et exprimer une identité commune», précise la note. 

Introduit par le plan d’urgence, mais abandonné

Le conseil de gestion de chaque établissement devra se charger de fixer les caractéristiques de la tenue unifiée, que ce soit sur le plan du design, de la couleur ou de la qualité du tissu, et en fonction des particularités de chaque région et des moyens des populations. Le ministère laisse donc entendre que ce sera aux parents de payer pour cette uniformisation. «La majorité des élèves du public sont issus de milieux défavorisés. Aujourd’hui, beaucoup de parents nous disent qu’ils n’ont pas de quoi payer les 50 DH nécessaires à la réinscription de leurs enfants. Ce sera difficile de leur imposer 300 ou 400 DH pour un uniforme», estime une directrice d’école primaire. Le ministère précise néanmoins, qu’au minimum, les établissements doivent imposer une blouse.
Ce n’est pas la première fois que le ministère décide d’uniformiser la tenue scolaire. A l’époque du plan d’urgence (2009-2012), aussi, il en était question. Beaucoup d’établissements l’avaient fait, mais depuis, l’uniforme a été abandonné, petit à petit, dans beaucoup de régions. Le ministère avait réservé un budget aux régions pauvres. Les autres devaient trouver une formule de financement, en partenariat avec les parents et partenaires. La tutelle garantissait, néanmoins, l’uniforme pour 30% des élèves démunis. Les académies se chargeaient des appels d’offres, selon un cahier des charges précis. Tandis que les associations de soutien à l’école de la réussite (créées dans le cadre du plan d’urgence) s’occupaient des aspects techniques (mesures des élèves, distribution des uniformes, suivi…).   
Les élèves avaient droit à un pantalon (ou jupe pour les filles), une chemise, une veste et une cravate. Mais en raison des difficultés de gestion et du manque de suivi, comme souvent dans le secteur, l’initiative a été jetée aux oubliettes.
Les enseignants et les cadres administratifs ont également été invités à soigner leur look. Dans les écoles, il y a beaucoup de laisser-aller sur le plan vestimentaire, c’est le moins que l’on puisse dire. Hassad veut un staff pédagogique présentable, «donnant un bon exemple aux élèves, digne de respect et digne de la mission qu’il assure». Les profs, eux, devront se conformer à la blouse blanche.

 

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