Economie

Créances en souffrance: Fitch conteste les chiffres des banques

Par Franck FAGNON | Edition N°:5069 Le 20/07/2017 | Partager
Le taux d’impayés serait 2 à 4 points plus important
Les difficultés financières des entreprises ont dégradé la qualité des portefeuilles
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Fitch Ratings évalue le taux de créances en souffrance des sept premiers groupes bancaires entre 12 et 14%, soit largement au-dessus des niveaux publiés. Les analystes estiment que les banques sous-estiment l’ampleur des mauvaises créances dans les bilans (Ph. AFP)

Après avoir reconduit la notation financière des principaux groupes bancaires, Fitch Ratings estime, dans une récente note, que les créances en souffrance du secteur ne reflètent pas la réalité. Le taux de créances en souffrance était de 9,7% en moyenne pour les sept premiers groupes bancaires à fin 2016. «Les pratiques locales sous-estiment l’ampleur des mauvaises créances dans les bilans», estiment les analystes de l’agence de notation financière. Ils évaluent le taux de contentialité réel entre 12 et 14%. Il s’agit d’une question d’appréciation. Aussi rigoureuse soit-elle, la réglementation n’est pas appliquée à la lettre. Il y a souvent des différences d’appréciation du risque. En 2014 par exemple, plusieurs établissements ont été rappelés à l’ordre par Bank Al-Maghrib et ont été sommés de déclasser certaines créances. Dans ces histoires, il y a parfois le souci de ne pas trop pénaliser les bénéfices suite à des provisions importantes. La banque centrale a durci les règles de classification des créances et de provisionnement dans la nouvelle mouture de la circulaire 19/G. Cela devrait pousser les banques à une analyse plus fine de leur portefeuille et une sélection plus rigoureuse des dossiers à l’avenir (L’Economiste n°5035 du 31 mai 2017).
Le poids des créances en souffrance expose davantage certains établissements. Le contexte de croissance faible et les difficultés de trésorerie des entreprises ont dégradé les portefeuilles bancaires. Même si, par ailleurs, la solvabilité des ménages s’améliore. Certaines banques sont plus sensibles à la volatilité économique, relèvent les analystes. Le ratio Fitch Core capital/risques pondérés ressort à 12,6% en moyenne pour les banques marocaines. L’indicateur se situe en dessous de la moyenne pour des établissements comme Attijariwafa bank (10,8%) et BMCE Bank (9,7%). «Ces niveaux mettent en évidence leur vulnérabilité à des chocs, même modérés», concluent les analystes de Fitch Ratings. Les ratios de solvabilité des deux groupes qui se situent juste au-dessus des exigences réglementaires confortent l’agence de notation financière dans son analyse. Jusqu’ici, le discours était beaucoup plus favorable au secteur. La banque centrale qui présentera le rapport sur la supervision bancaire, ce jeudi 20 juillet, se prononcera aussi sur la santé des établissements.

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