Analyse

Développement local: Une nouvelle approche de la gouvernance?

Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5069 Le 20/07/2017 | Partager
La ville d’Al Hoceïma a été le déclic
El Othmani et ses ministres en tournée dès ce vendredi
Ils vont à la rencontre des opérateurs économiques, des élus et de la société civile

Les ministres dans toutes les régions? Tous les chefs de gouvernement de par le monde en rêvent. Ce vœu, formulé par Saâdeddine El Othmani au lendemain de la mise en garde royale au sujet des retards enregistrés dans la réalisation des projets de «Manara Med», le programme de mise à niveau de la province d’Al Hoceïma. Il faudra agir par anticipation et ne pas attendre les protestations des citoyens pour aller sur le terrain. 
En peu de temps, cette ville a vu défiler plusieurs ministres, avec des promesses dont certaines ont été concrétisées. C’est le cas de Mohamed Sajid, ministre du Tourisme, qui a obtenu des baisses significatives du prix des billets d’avion de Casablanca et d’ailleurs, en direction de cette ville du nord. L’idée est de sauver le tourisme dans cette ville dont le taux d’occupation n’a pas dépassé les 6%. Idem pour Aziz Akhannouch qui avait mobilisé ses cadres en tant que ministre de tutelle de l’Agriculture et des Pêches maritimes. Outre des aménagements dans le port d’Al Hoceïma, il a décidé de lancer la plantation de 80.000 hectares d’arbres fruitiers. En tant que président du RNI, il a organisé des rencontres avec des opérateurs économiques pour étudier les opportunités de lancer des investissements créateurs de richesses et d’emplois dans cette région. 
Charafat  Afailal, secrétaire d’Etat à l’Eau, s’y était également rendue, en compagnie notamment du ministre de l’Habitat, de l’Aménagement du territoire et de la Politique de la ville, Nabil Benabdallah. Le secrétaire général du PPS sait qu’Al Hoceïma est située dans une zone connue pour son instabilité géologique. 
Les glissements de terrain sont monnaie courante et le triste tremblement de terre dans la ville remonte à un peu plus de 10 ans. Du coup, les constructions doivent répondre à des paramètres sismiques. Charafat Afailal en est consciente. Selon elle,  «le terrain est très meuble, ce qui explique le taux d’envasement du barrage Abdelkrim Khattabi, le plus élevé que le Maroc a enregistré». En effet, sa capacité de stockage initiale de 40 millions de mètres cubes est retombée à 11 millions. Elle a promis de «porter ce projet pour le désenvaser. Cela nous pousse à sécuriser les ouvrages hydrauliques face à ces aléas sismiques. Nous entamons des études qui tiennent compte également de cette activité pour que le barrage lui-même soit solide et peut supporter les secousses».   
En tout cas, Saâdeddine El Othmani a demandé à ses ministres de se déplacer dans les régions pour s’enquérir de l’état d’avancement des projets de développement local. Surtout que le Souverain a interdit aux ministres de prendre des congés. Il faut donc qu’ils retroussent les manches pour aller sur le terrain. En tout cas, ils sortiront aguerris de cette expérience, surtout pour certains d’entre eux qui connaissent le Maroc à travers les vitres fumées ou les salons feutrés et climatisés de Rabat ou de Casablanca. Pour donner l’exemple, le chef du gouvernement a décidé de lancer cette caravane par un déplacement vendredi prochain dans la région de Béni Mellal-Khénifra, le fief de son camarade Lahcen Daoudi. Une visite qui s’inscrit dans l’opération «12 régions, 12 ministres». En fait, il s’agit de répondre à des commentaires en marge des protestations d’Al Hoceïma pour dire qu’il n’y a pas que cette ville qui souffre de marginalisation et de déficits. 
D’autres régions souffrent, mais sans le dire. Aussi, le gouvernement a-t-il décidé de rencontrer les autorités locales, les opérateurs économiques, les élus et la société civile. Dans chaque déplacement, les ministres concernés par les projets dans la région seront du voyage. L’avantage de cette initiative est que les ministres ne se limiteront plus à la lecture de fiches techniques envoyées par leurs services extérieurs.

Renforcer la gestion de l’eau

Le projet le plus important pour le département de l’Eau concerne la construction du barrage Oued Ghisse. Cet ouvrage, initialement prévu pour 2021-2024, a été avancé, avec un coût de 1,3 milliard de DH. Les travaux ont démarré en mars dernier. Ce barrage a une capacité de stockage de 95 millions de mètres cubes. A sa réalisation, il permettra de sécuriser l’accès à l’eau potable pour la population de toute la province d’Al Hoceïma jusqu’en 2030. L’autre projet, géré par l’ONEE, est lié à la construction d’une usine de dessalement dans la commune d’Ajdir. Les travaux ont commencé en juin 2017 pour un montant de 300 millions de DH. Surtout que cette région commence à ressentir les effets des changements climatiques. Habituée aux fortes pluies, elle a enregistré ces quatre dernières années des déficits en eau. La solution du dessalement de l’eau de mer s’est imposée pour renforcer les infrastructures hydrauliques  dans la province et sécuriser à long terme l’accès à l’eau potable.

 

Préservation des ressources hydrauliques

Barrage Oued Ghisse:
Coût de réalisation: 1,3 milliard de DH

Capacité de stockage: 
95 millions de mètrres cubes

Début des travaux: mars 2017

Protection des inondations:
185 millions de DH pour financer les projets

Dessalement de l’eau de mer:
300 millions de DH

1.600 mètres cubes d’eau potable:
Livraison en 2018

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