Politique

PAM: El Omari pour «une politique citoyenne»

Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:5067 Le 18/07/2017 | Partager
Selon lui, «le Maroc vit la pire crise de son histoire»
Il a appelé les forces vives à sauver le pays
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 Ilyas El Omari dénonce la guerre menée contre les partis politiques. Pour le SG du PAM «les résultats de cette guerre sont dévastateurs: un important taux d’abstention aux dernières législatives et une véritable crise à tous les niveaux»

Deuxième étape des congrès régionaux du Parti authenticité et modernité (PAM), après celle de la région Tanger-Tétouan-Al Hoceïma, Fès-Meknès était au rendez-vous samedi dernier. En effet, pas moins de 500 congressistes sont venus rencontrer Ilyas El Omari et élire les nouvelles instances régionales. Le SG du PAM a profité de l’occasion pour tenir une conférence de presse, avant de se réunir avec ses militants à huis clos. «Nous allons élire de nouvelles instances régionales qui devront accompagner le processus de la régionalisation avancée», a indiqué le patron du parti du tracteur. C’était lors d’une conférence de presse précédant les travaux du congrès régional. Un congrès tenu à huis clos. 
Devant les journalistes, le discours du numéro 1 du PAM était pour le moins «alarmant». «La crise est générale. Au total, 25 manifestations sont recensées quotidiennement au Maroc. Les revendications sont sociales et économiques et n’épargnent aucune région. Notre pays entre droit dans le mur…nous devons tous nous mobiliser pour le sauver», dit-il. Et d’ajouter: «le Royaume vit l’une des plus graves crises de son histoire. Une crise de confiance qui a démarré bien avant le blocage gouvernemental avec un important taux d’abstention aux dernières législatives». 
Chiffres à l’appui, El Omari rappelle que «sur les 28 millions de Marocains arrivés à l’âge du vote, seuls 7 millions ont accompli leur devoir national. Notons que plus d’un million et demi de bulletins nuls ont été comptabilisés». Une situation due, selon lui, la guerre contre les partis politiques. «Une guerre qui doit s’arrêter pour permettre aux partis politiques d’encadrer les populations, préserver les intérêts de la nation et participer au développement du pays qui jouit d’un atout majeur, en l’occurrence sa stabilité», souligne El Omari. Et de poursuivre: «toutes les forces vives, y compris les médias, sont appelées à travailler main dans la main afin de le sauver». Pour y parvenir, il faut instaurer la confiance. A ce titre, le leader du PAM appelle ses élites régionales à être une force de proposition. «Certes, nous sommes dans l’opposition au niveau de la région Fès-Meknès, mais nous pouvons servir la population en soumettant aux décideurs des projets à même d’améliorer le quotidien des citoyens», propose-t-il. D’autant plus que cette région enregistre un important recul au niveau de l’indice de la consommation. En quelques années, Fès est passée de la 2e à la 6e place. Ce qui veut dire que cette ville vit un marasme économique et social très avancé. L’industrie, le tourisme et le commerce sont en nette régression…d’où une intervention d’urgence», estime El Omari.
Sur un registre qui le concerne en tant que président du conseil régional de Tanger-Tétouan-Al Hoceïma, El Omari s’est proclamé «contre l’arrestation de l’artiste Silya et tous ceux qui ont des revendications sociales et économiques». «Maintenant qu’ils sont incarcérés, je ne peux demander leur libération. C’est à la justice de trancher», renchérit-il. Et de préciser: « je n’aime pas le mot «Hirak». Ces jeunes protestent contre un malaise. Une fois résolu, ils ne protesteraient plus». Ce qui est primordial, selon lui, c’est de dialoguer. «Majorité et opposition ont avant tout un devoir de citoyenneté, en vue d’instaurer la confiance», conclut El Omari. 

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