Economie

Compte sur carnet: Malgré un rendement faible, le succès reste intact

Par Franck FAGNON | Edition N°:5067 Le 18/07/2017 | Partager
La rémunération nette sera de 1,3% ce semestre
Plus de 148 milliards de DH collectés, soit 15% du PIB
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La baisse du rendement du compte sur carnet n’a pas détourné les ménages de ce placement. De façon générale, leurs arbitrages profitent d’abord aux produits d’épargne bancaire classiques

La rémunération du compte sur carnet remonte légèrement, mais elle devrait rester en dessous de la barre de 2% pendant un moment. Les placements dans ce produit rapporteront 1,3% net entre juillet et décembre 2017 contre 1,27% au premier semestre (ndlr: la rémunération nette est de 1,67% pour les personnes non résidentes compte tenu d'un impôt de 10%). Le rendement est même à la frontière du territoire négatif après prise en compte de l’inflation. 
Indexé au taux du bon du Trésor à 52 semaines, le rendement du compte sur carnet est influencé par les levées du Trésor sur cette maturité. Avec la poursuite de l’amélioration des finances publiques – le déficit budgétaire s’est établi à 7,5 milliards de DH à fin mai 2017 contre 25,8 milliards de DH à la même période une année plus tôt – le Trésor va limiter ses interventions sur le marché domestique, sa principale source de financement. Il y a mobilisé un montant brut de 56 milliards de DH sur les cinq premiers mois de l’année. Ceci dit, la forte demande sur les maturités courtes (+137% à 14,5 milliards de DH) a stimulé le taux d’intérêt des obligations de 1 an. D’où la légère amélioration du rendement du compte sur carnet. 
De toute façon, la baisse de la rémunération ces dernières années n’a pas découragé les ménages. Ils sont restés fidèles à leur produit de placement favori. Sa souplesse est beaucoup appréciée. Les versements dans le compte sur carnet sont plafonnés à 400.000 DH. A fin mai, l’encours a augmenté de 7 milliards de DH sur un an et de 42 milliards de DH sur cinq ans pour atteindre 148 milliards de DH. Pour leur placement, les ménages privilégient en général les produits bancaires classiques. A fin 2015, leurs dépôts à terme totalisaient 108 milliards de DH. L’investissement en Bourse n’est pas ancré dans la culture des ménages. Ils continueront à arbitrer en faveur des produits bancaires et de l’immobilier. 
Quant aux contrats d’assurance vie détenus par les ménages, ils représentaient à peine 8% de leur patrimoine financier en 2015 et ne dépassaient pas 55 milliards de DH. Mais, ils figurent parmi les produits qui prendront de l’importance à l’avenir en raison notamment du débat autour de la viabilité des régimes de retraite et le besoin pour les ménages d’assurer une éducation de qualité à leur progéniture. 

 

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