Economie

61e Congrès de la statistique: Ouverture sur les données climatiques

Par Stéphanie JACOB | Edition N°:5067 Le 18/07/2017 | Partager
Premier thème abordé par ce rendez-vous mondial des statisticiens
L’occasion pour le Maroc d’imposer sa position en Afrique et dans la région arabe
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Face à l’augmentation fulgurante des températures et des émissions de gaz à effet de serre, le petit monde des statisticiens doit resserrer les rangs pour fournir des données régionales pertinentes, seuls gages à des politiques efficacesFace à l’augmentation fulgurante des températures et des émissions de gaz à effet de serre, le petit monde des statisticiens doit resserrer les rangs pour fournir des données régionales pertinentes, seuls gages à des politiques efficaces

Mesurer les effets du changement climatique sur l’environnement. Premier thème choisi en ouverture du 61e Congrès de la statistique, qui se tient à Marrakech jusqu’au 21 juillet. 
Conjointement organisé par le Haut-commissariat au Plan (HCP) et l’Institut international de la statistique, ce rendez-vous réunit près de 1.800 participants venus de 120 pays. Une occasion toute particulière pour les pays arabes et africains d’échanger expériences et bonnes pratiques et de faire valoir les progrès et avancées réalisés en matière de statistique dans leurs pays et régions respectifs. «Le choix du Maroc pour l’organisation de sa 61e session témoigne du niveau de confiance dont jouit notre pays. C’est une réelle opportunité pour faire valoir sa position dans le domaine de la statistique au niveau du continent africain et de la région arabe», introduit le haut-commissaire au plan, Ahmed Lahlimi Alami. 
L’inévitable question du climat lance donc cette semaine de travail. Un thème crucial pour les statisticiens au Maroc et dans toute l’Afrique, qui font face à un manque certain de données, qu’ils ne produisent par eux-mêmes. 
Lahlimi confie la «difficulté de synthèse et de coordination entre les différents partenaires internationaux sur ces questions pour arriver à des objectifs profitables à tous». Le premier constat est donc de savoir comment permettre aux ressources statistiques marocaines d’accéder à une meilleure expertise. 
«Les outils d’accompagnement et d’analyse nous permettent d’avancer dans la clarté et d’obtenir un impact direct sur la vie des citoyens. Sans cela, une politique n’a aucune valeur», développe Salaheddine Mezouar. Le président de la COP22 parle de mutations bien réelles. «Marrakech a perdu, sur ces dernières décennies, 30% de ses capacités en eau». 
Un constat sans appel. Echanger les bonnes pratiques entre statisticiens est donc inévitable. Car, pour Abdelouahed Fikrat, le nouveau secrétaire général au sein du secrétariat d’Etat au développement durable, «le vrai problème est notre capacité d’extrapolation dans l’avenir». Ce qui est pourtant l’objectif. Première piste soulevée par Ronald Jansen de la Direction de la statistique aux Nations Unies: «Pour atteindre les Objectifs du Millénaire, il nous faut des systèmes de statistiques intégrés. Les politiques environnementales doivent reconnaître ces synergies climatiques entre l’eau et l’alimentation, ou entre les différents ministères impliqués. Un cadre national intégré est essentiel, tout comme la collaboration de tous pour un système de contrôle international». Resserrer les rangs est donc fortement recommandé. 
La Direction de la statistique aux Nations unies soutient en ce sens le renforcement des capacités de statistiques, via des ateliers régionaux ou le e-learning. Plusieurs pays africains sont accompagnés pour élaborer un système élémentaire de base et ainsi bénéficier d’indicateurs pertinents.

Manque de légitimité

Depuis 5 ans, les bureaux nationaux de la statistique planchent sur la question du changement climatique. «Jusque-là, explique la CEE de la division de statistique des Nations unies, Tiina Luige, le sujet n’était pas aussi prioritaire que les statistiques sociales». Si, à l’époque, le rôle des bureaux nationaux n’est pas reconnu dans ce domaine lié au climat, c’est chose faite aujourd’hui. «L’accent est mis sur la qualité des données, continue Luige, pour plus de cohérences entres les méthodologies, avec un engagement pour un accès égal à tous les utilisateurs». 
L’accès libre étant l’un des 10 commandements du statisticien. Reste encore pour la profession à faire la preuve de l’utilité des statistiques, dont le rôle est encore trop négligé.

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