Régions

Tourisme à Dakhla: Encore des ajustements à faire

Par Sabrina BELHOUARI | Edition N°:5066 Le 17/07/2017 | Partager
La desserte aérienne se renforce, mais la structure d’accueil touristique tarde à suivre
Sous capacité litière et offre encore non adaptée au tourisme interne
Transport: une régulation de l’activité s’impose
dakhla-le-tourisme-de-sport.jpg

S’il est vrai que la destination Dakhla a depuis le début été plus orientée vers le tourisme de sport de glisse, désormais celle-ci se positionne également sur le créneau du tourisme interne, une tendance appelée à se développer davantage (Ph. SB)

L’engouement fulgurant des touristes pour Dakhla est indéniable. «Si la destination a enregistré 80.000 nuitées en 2015, elle a pu passer en 2016 à 100.000 nuitées déclarées, avec une estimation à plus de 200.000 si on y inclut le non déclaré», selon la délégation du tourisme à Dakhla. Avec le nouveau terminal de l’aéroport de Dakhla qui a été mis en service en 2010 et qui a porté la capacité d’accueil à 300.000 passagers par an, un premier pas a été fait en faveur d’une augmentation du trafic. En outre, la desserte aérienne, qui est jusque-là la principale entrave au développement de la destination selon les opérateurs touristiques, vient d’être étoffée avec des vols supplémentaire sur la ligne Casablanca-Dakhla et s’ouvrira dès novembre prochain sur le marché européen avec un vol Paris-Dakhla. Cette nouvelle liaison facilitera le déplacement d’une clientèle provenant essentiellement de Paris, Bruxelles et des pays scandinaves ainsi que de l’Angleterre. 
Mais avec ce développement rapide des arrivées, la structure d’accueil a besoin d’être renforcée pour répondre à la demande allant crescendo. Ce qui est loin d’être le cas. A aujourd’hui, la capacité litière commercialisable des établissements classés est de 1.200 lits. En 2017, Dakhla a enregistré une seule ouverture d’établissement touristique avec l’Ecolodge Dakhla West Point, d’une capacité de 140 lits. Quatre autres projets touristiques sont en cours de réalisation et dont l’ouverture est prévue en 2018. Mais la capacité litière n’est pas le seul souci, car il s’agit aussi de la formule proposée. En effet, la destination Dakhla a depuis le début été une destination privilégiée des amateurs de sports de glisse et caravaniers, où la durée de séjour est relativement longue (pas moins d’une semaine). Ceci fait que les établissements touristiques qui ont suivi cette tendance se sont orientés vers le type hôtel club ou bungalows. Or, avec l’intérêt croissant du tourisme interne pour cette destination, un nouveau profil avec de nouveaux besoins commence à fréquenter les établissements. «La destination Dakhla a gagné beaucoup de notoriété auprès de la clientèle marocaine durant ces 4 dernières années, notamment avec la médiatisation de la région et ses multiples sites touristiques. La délégation du tourisme de la région encourage dans ce sens les opérateurs touristiques locaux à se positionner également sur ce créneau porteur», assure Dayfallah Endour, délégué du tourisme à Dakhla. Cette clientèle, se déplaçant souvent en famille, a toutefois des particularités et des besoins différents de ceux des touristes classiques de la ville, majoritairement des sportifs. En effet, en dehors de l’hébergement, qui reste mal adapté pour les familles, les activités, la restauration et les loisirs pour les enfants manquent cruellement sur place. Le transport touristique est de son côté un axe très important, mais qui est malheureusement encore loin des attentes. «Le transport est la vitrine d’une destination touristique car c’est le premier contact d’un voyageur à sa sortie de l’aéroport. A Dakhla, le transport touristique a intérêt à être organisé dans un cadre légal pour mettre fin à l’anarchie et professionnaliser le secteur», interpelle Mohamed Bouhdid, délégué régional du syndicat national du transport touristique à Dakhla-Oued Dahab. En effet, pour faire du transport touristique, il faut un agrément délivré par le ministère du Transport qui n’est accordé qu’après constitution d’une société de transport touristique. Or, le cahier des charges impose de disposer de 5 véhicules neufs ou âgés de moins de 5 ans. Une condition qui constitue un obstacle pour amener les chauffeurs exerçant actuellement à Dakhla à régulariser leur situation. Le séjour à Dakhla nécessite beaucoup de déplacement pour visiter des sites touristiques à l’extérieur de la ville, comme la source chaude, plage blanche ou le parc national Sebkhat Imlili. L’idée selon le syndicaliste est d’encadrer cette activité d’abord en mettant en place des mesures dérogatoires pour l’exercice de transport touristique à Dakhla afin de réguler la situation et encourager les chauffeurs à sortir de l’anarchie. Ensuite réglementer les tarifs et les conditions pour exercer le métier de transporteur touristique, pour professionnaliser le métier.
«Les vols nationaux à destination de Dakhla, en plus de ce vol international direct entre paris et Dakhla, constituent l’épine dorsale du secteur touristique de la destination. On aspire également à une liaison Dakhla-Marrakech pour étoffer encore l’offre touristique, avec un effort sur les prix pour encourager le flux», conclut Dayfallah.

Des vols plus fréquents et plus abordables

C’EST ce que souhaitent les opérateurs touristiques de Dakhla pour créer plus de dynamique et augmenter le flux de touristes nationaux. La moyenne d’un billet aller-retour Casablanca-Dakhla est de 2000 DH, ce qui représente le  budget conséquent de 10.000 DH rien que pour le transport pour une famille de 5 membres par exemple. Cette question a été soulevée en présence de l’ONMT afin de trouver des solutions comme des chèques vacances ou des promotions sur les billets en périodes de vacances. La subvention reste toutefois une action inévitable pour venir à bout de la problématique de la desserte aérienne de la région et booster le trafic. Cette opération a surtout un rôle d’amorçage afin de drainer d’autres opérateurs vers la région, en particulier des compagnies aériennes low cost avec des tarifs concurrentiels.

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc