Analyse

Agro-industrie: Un tournant… semé d’embûches

Par Abdelaziz GHOUIBI | Edition N°:5066 Le 17/07/2017 | Partager
Des objectifs déconnectés de l’échéance du contrat-programme
Plusieurs unités industrielles risquent d’être décalées
Peu de projets ont fait l’objet d’études détaillées

Enfin, le pays dispose d’une stratégie de l’agroalimentaire. Une vision globale intégrant la valorisation, l’export et la distribution sur le marché intérieur. Le tout, assuré d’un financement à la carte et soutenu par l’Etat (voir L’Economiste du jeudi 13 juillet). Etalé sur cinq ans (2017-2021), le contrat-programme cible d’ambitieux objectifs: investissement de 12 milliards dont 8 par le privé, un chiffre d’affaires additionnel de 41,7 milliards par an, avec 12,5 milliards à l’export et une valeur ajoutée de 13 milliards. Ces investissements visent aussi, la création de 38.000 emplois permanents et plusieurs autres milliers de façon indirecte. L’élan d’investissement se trouve ainsi libéré dans des activités qui ont enregistré des reculs parfois inquiétants. C’est le cas de l’industrie des jus d’agrumes, de la conserve végétale ou encore des olives de table. Des activités qui ont perdu des parts de marché ont pratiquement disparu du calendrier de l’export. Cornichons, concentré de tomates, haricot vert et légumes surgelés en font partie.
Aujourd’hui, le contrat-programme veut dynamiser l’ensemble des filières agro-industrielles sans distinction entre celles bénéficiant d’un amont agricole performant et celles à la quête d’un essor. Sauf, que les projets retenus ainsi que le déploiement du financement et donc des aides restent encore suspendus à l’adoption de textes réglementaires. Même s’ils sont entérinés avant la fin de l’année comme le souhaite le ministre de l’Agriculture, la mise en service des projets inscrits n’est pas pour demain. Les délais nécessités par la mobilisation du foncier, les autorisations, la construction et la mise en place des équipements doivent aller au-delà de l’échéance de 2021.
A titre d’exemple, la matrice du contrat-programme, dont L’Economiste détient copie, prévoit la construction de 22 stations de conditionnement et de 25 unités de stockage frigorifique pour les agrumes. Pour les autres fruits et légumes, il est prévu la mise en place de 57 stations de conditionnement. Plusieurs abattoirs figurent également parmi les gros projets. Sans oublier, une cinquantaine d’unités de transformation de fruits et légumes. Autant dire qu’il faut s’attendre à des ratés. Surtout, que l’essentiel des projets annoncés n’a pas encore fait l’objet d’études détaillées. D’où la promesse du Crédit Agricole du Maroc d’apporter son expertise à ce niveau.  
Selon nos informations, le contrat-programme est basé sur les doléances des opérateurs exprimées lors de rencontres avec l’administration. Apparemment l’ensemble de ces doléances a été pris en considération. Avec comme toile de fond la réalisation d’objectifs globaux. En tête, le renforcement de l’intégration de l’amont agricole à l’aval industriel, le développement de nouveaux produits à plus forte valeur ajoutée et la promotion de l’export.Le marché intérieur n’est pas occulté non plus. L’assainissement de la distribution de produits agricoles et de l’élevage et la valorisation via le conditionnement sont également des chantiers à lancer. Même, les ateliers de quartiers traitant la volaille seront soutenus pour améliorer la qualité de leurs prestations.

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