Economie

Agro-industrie: Pas encore de banque de projets!

Par Abdelaziz GHOUIBI | Edition N°:5064 Le | Partager
Le déploiement du contrat-programme suspendu aux textes réglementaires
Un enjeu de 12 milliards de DH dont le tiers à la charge de l’Etat
Valorisation, export, distribution locale, les grands axes

Enfin, la stratégie de l’agro-industrie se met en place. Après la signature du contrat-programme en avril dernier, le Crédit agricole du Maroc (CAM) vient d’ouvrir en déclinant sa nouvelle offre de financement. (Voir aussi L’Economiste du 11 juillet). A ce titre, la banque verte tente de doubler la concurrence. Et pour cause, «CAM a bien accompagné l’amont agricole», dira le ministre de l’Agriculture, Aziz Akhannouch en ouverture de la journée  dédiée à l’accompagnement financier de l’agro-industrie. Bien qu’il n’ait pas été  annoncé, le ministre a tenu à marquer son soutien au plan de financement du Crédit agricole. «A charge  pour la banque de décentraliser ses décisions», insiste Akhannouch. Message reçu par Tarik Sijilmassi, président du directoire de CAM. Pour lui, l’offre s’adosse à une nouvelle logique marquée par une plus grande autonomie de la décision qui relèvera dorénavant de succursales régionales. Voilà pour les outils. Reste à trouver les 12 milliards nécessaires pour le financement du contrat-programme qui s’étale sur la période 2017-2021. Mais la garantie de l’Etat est acquise puisqu’il y participe pour le tiers sous forme de subventions. Le même soutien public sert de matelas pour la banque verte pour maîtriser le risque, dans la mesure où elle en est le gestionnaire. Ce qui manque actuellement, c’est la proposition des projets, faute de textes législatifs et réglementaires encore dans les circuits d’adoption. (Voir encadré ci-contre). C’est cette absence de visibilité qui explique l’indécision de nombreux opérateurs à procéder à l’étude de leur projet.    

objectifs.jpg
 

Il n’empêche que des améliorations substantielles ont été apportées aux aides servies à l’agro-industrie. A titre d’exemple, la subvention accordée aux unités de conditionnement des agrumes n’est plus plafonnée. Elle culmine désormais à 30% du montant global de l’investissement quel que soit le coût des équipements. Idem pour les autres fruits et légumes. L’export et la distribution sur le marché local ne sont pas écartés non plus du programme des aides. De  même, les salariés des usines de transformation ainsi que les producteurs peuvent bénéficier de crédits personnels. Et en cas de lenteur dans le versement de la subvention, les éligibles peuvent prétendre à des avances allant jusqu’à 85% des montants.     
Une nouveauté de taille tient également à l’octroi d’avances sur récolte. L’objectif est de «sécuriser l’approvisionnement des usines», est-il expliqué. Ces avances seront servies aux producteurs par les entreprises sur la base de contrats de cultures. 
La mise en place du système ainsi que l’assistance d’investisseurs potentiels seront  supervisées par un réseau d’experts de la banque à travers  ses centres agro-business et ses agences.
L’ambition affichée par CAM est «d’apporter une réponse aux besoins des entreprises, à chaque étape de la chaîne de valeur, sans distinction des filières. D’ailleurs, le groupe se fait prévaloir «d’une connaissance parfaite des filières agricoles et de leurs spécificités», souligne Sijilmassi.  
Présentées sous forme de packs par filière, les offres allient ainsi crédits de fonctionnement et d’investissement aux avances sur subventions accordées par l’Etat. Elles ciblent aussi bien les fournisseurs que les producteurs, les transformateurs, les exportateurs et la distribution sur le marché local. 
Au total, 8 packs correspondent aux filières retenues par le contrat-programme. Chacun composé de produits dédiés à chaque phase allant  de l’intrant agricole, à l’exportation en passant par la production et la valorisation. Agrumes, fruits, légumes, olives, lait, viandes, pâtes/couscous et biscuiterie-chocolaterie-confiserie sont concernés. Le tout est complété par un pack transverse: développement durable. Il est proposé pour accompagner tout opérateur désireux d’adopter des techniques respectueuses de l’environnement (agriculture biologique, audits énergétiques…). Il est composé de 6 produits: Biofilaha, Ecotaqa agriculture, EcoTaqa solaire, EcoTaqa agro-industrie, Saquii optimisé et un produit traitement et valorisation des déchets.

Des textes encore à adopter 

Le déploiement du contrat-programme de l’agro-industrie est à l’adoption de textes législatifs et réglementaires. Un passage obligé pour la fixation des montants et des modalités d’octroi des subventions. Ces dernières mettent à contribution, les apports du Fonds de développement agricole et celui de développement industriel. Ces textes qui se trouvent actuellement dans les circuits d’adoption entreront en vigueur avant la fin de l’année, promet le ministre de l’Agriculture.
Par ailleurs, 19 conventions interprofessionnelles et 9 liant l’Etat aux opérateurs sont en cours de finalisation. 

 

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc