Culture

Programme Mazaya: Le salut par la musique

Par Aïda BOUAZZA | Edition N°:5059 Le 06/07/2017 | Partager
Le programme de la Fondation Ténor pour la culture fête sa première promotion
Une formation qui allie musique et éducation non formelle pour les enfants défavorisés
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L’aventure a démarré en janvier  2012, avec une classe pilote de 38 enfants de 8 à 14 ans. Une promotion qui vient donc de terminer un cursus de 5 ans, sanctionné par un diplôme (Ph. Mazaya)

Ils ont fier allure, du haut de leurs 14/15 ans, de la lumière dans les yeux et une étonnante maîtrise de leurs instruments. Cinq gamins au violon, alto et contrebasse, aussi habiles et concentrés que les autres musiciens professionnels  au milieu de l’Orchestre philharmonique du Maroc pour un concert privé donné en leur honneur à Casablanca  le 4 et à Rabat le 5 juillet. Il s’agit d’une partie de  la toute première promotion du programme Mazaya, initié par la Fondation Ténor pour la culture, qui consiste à offrir à des jeunes enfants déscolarisés et défavorisés une double formation combinant éducation et cursus musical approfondi. 
«Des jeunes en cours de formation qui jouent déjà avec un orchestre philharmonique, c’est certainement une première mondiale. Nous espérons inspirer, par cette expérience, d’autres initiatives dans la région», précise Farid Bensaid,  président de la fondation, pas peu fier du travail réalisé avec les jeunes. Le programme Mazaya est lui-même inspiré d’une action similaire au Vénézuela, qui utilise la musique comme moyen d’ascension sociale à travers une insertion socio-professionnelle  à travers le métier de musicien professionnel. 
L’aventure a démarré en janvier  2012, avec une classe pilote de 38 enfants de 8 à 14 ans. Une promotion qui vient donc de terminer un cursus de 5 ans, sanctionné par un diplôme, en partenariat avec le ministère de l’Education nationale. Les meilleurs d’entre eux auront l’occasion de poursuivre leurs études pour une spécialisation qui leur permettrait d’intégrer l’orchestre philharmonique. «Pour les autres, il n’y a absolument aucun souci à se faire. Nous savons déjà, grâce aux réseaux sociaux, qu’ils font des performances payantes dans plusieurs endroits», plaisante Bensaid. «Nous fermons les yeux tant qu’ils sont assidus à l’école», précise-t-il. 
Le but du programme en effet est de trouver des débouchés professionnels pour ces jeunes défavorisés, en l’occurrence un musicien d’orchestre, un enseignant de musique, ou encore un membre d’un groupe de musique. La formation ne se réduit pas à la musique classique, mais offre un métier de technicien de musique et ouvre aux jeunes les voies de la musique universelle: musique andalouse, jazz, musique orientale ou autre. Un projet salutaire et thérapeutique qui compte aujourd’hui près de 80 élèves, soutenus par de nombreux partenaires et mécènes qui n’ont pas hésité à sortir les chéquiers. Plusieurs prises en charge de jeunes élèves pour l’ensemble du cursus ou pour des stages d’été en France ont été offertes. Le clou de la soirée du 4 juillet a certainement été la présentation de quatre magnifiques instruments offerts aux élèves (3 violons et un alto)  dont un à la mémoire de l’artiste photographe défunt, Othman Dilami. 
 

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