International

29e sommet de l’UA: La vision royale d’une nouvelle Afrique

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5057 Le 04/07/2017 | Partager
Influente et qui défend ses intérêts
Son avenir passe par sa jeunesse
Refonte des institutions et stratégie commune sur la migration
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Pour SM le Roi: «La réforme de l’Union africaine constitue un chantier important, dans lequel le Maroc s’investira aux côtés d’autres pays» (Ph. MAP)

L'éducation et l'autonomisation des jeunes sont au cœur de l'agenda politique de l'Union africaine (UA) qui encourage ses Etats membres à s’y investir. C’est d’ailleurs l’un des thèmes des travaux du 29e sommet de l’Union qui s'est ouvert hier lundi à Addis-Abeba, en Ethiopie.

C’est le prince Moulay Rachid qui représente SM le Roi Mohammed VI à ces assises panafricaines marquées par un discours royal. Plusieurs priorités y ont été définies. Le Maroc participe à son premier sommet en tant que membre de l’Union africaine, depuis son retour au sein de cette instance en janvier dernier. Le royaume a poursuivi le processus d’accès aux instruments juridiques, afin de participer aux activités de l’organisation et contribuer à l’agenda de tous les organes.

L’Afrique, sa croissance et ses institutions constituent des opportunités à saisir. Et le Maroc veut contribuer à l’émergence d’une «nouvelle Afrique» qui prend la défense de ses intérêts et qui est influente. D’autant plus que le continent est confronté à plusieurs défis (multiplication des acteurs non-étatiques donnant lieu à de nombreuses zones grises, menaces du terrorisme transnational et de l’extrémisme violent et impacts du réchauffement climatique).

Face aux nouvelles menaces, des actions concrètes s’avèrent nécessaires dans les domaines de la paix, de la sécurité et du développement humain. L’émergence de l’Afrique passe aussi par une refonte de ses institutions continentales. Et son avenir est tributaire de la participation active de sa jeunesse. Aujourd’hui près de 600 millions d’Africains et d’Africaines sont des jeunes. En 2050, 400 millions d’Africains auront entre 15 et 24 ans.

Chaque année plus de 11 millions de jeunes Africains font leur entrée sur le marché du travail alors que seuls 3 millions d’emplois sont créés. Plus de 70% des jeunes Africains vivent avec moins de 2 dollars par jour.  Comment œuvrer pour résorber le chômage qui frappe de plein fouet la jeunesse du continent, puisque 60% des chômeurs sur le continent sont des jeunes? La réponse réside dans «un traitement volontariste du triptyque éducation, enseignement supérieur et formation professionnelle avec une exigence élevée de qualité», insiste le Souverain dans son discours. Elle réside également dans les investissements qui doivent être entrepris dans les domaines de l’éducation, de la santé, de la formation professionnelle et de l’emploi. L’investissement en faveur des jeunes, qui constituent près des 2/3 de la population du Continent, est fondamental.

Et si le défi de l’employabilité des jeunes n’est pas traité de toute urgence, cette «carence aura pour conséquence leur désœuvrement, renforcera en conséquence leur vulnérabilité et le risque de leur radicalisation», est-il souligné dans le discours royal.

Près de 40% «des personnes au chômage sont des recrues de choix pour les mouvements rebelles, les groupes extrémistes ou terroristes qui sévissent à travers le continent». Le discours fait référence aussi à la migration légale ou illégale. Cette déperdition est injustifiable. D’où la nécessité d’une «Vision africaine commune sur la migration, ses enjeux et ses défis» et de l’élaboration d’un agenda africain sur cette thématique.

Une zone africaine de libre-échange

Les dirigeants africains se pencheront pendant deux jours (3 et 4 juillet) sur un ensemble de questions stratégiques notamment les questions de paix et de sécurité en Afrique, le budget 2018 de l'Organisation, la mise en œuvre de l’Agenda 2063 et la réforme institutionnelle de l'UA. Cette réforme devrait aboutir à l’autonomie financière de l’organisation à travers l’implémentation d’une taxe de 0,2% sur les importations de chaque pays. Le deuxième point majeur à l’ordre du jour de cette conférence sera la paix et la sécurité sur le continent africain ainsi que la recherche de solutions aux questions migratoires. Le climat est aussi au menu du sommet. En ce qui concerne le commerce, Albert Muchanga, le commissaire au Commerce et à l'Industrie de l'Union africaine, s'est dit confiant dans la création d'ici la fin de l'année en cours de la zone africaine de libre-échange. Il a annoncé l'intention de l’Organisation panafricaine de doubler le volume actuel du commerce interafricain de 14 à 28% d'ici 2021, dans le cadre du projet de la zone de libre-échange continental (ZLE). Le retour du Maroc à l’UA apportera une «contribution qualitative à l’action et au travail de cette instance», de l’avis de plusieurs ministres africains des Affaires étrangères ayant rencontré le ministre des Affaires étrangères et de la coopération internationale, Nasser Bourita. Le Royaume a toujours soutenu les pays africains en matière de paix. Les derniers développements concernant la question du Sahara ont été aussi au menu des discussions. Justement, les clauses que le Maroc avait jugées préjudiciables à sa souveraineté sur le Sahara, dans un rapport prévu pour être signé lors du sommet, ont été modifiées. Ceci suite à la médiation nigériane.
A noter que le 29e sommet de l'UA avait déjà débuté avec la session ordinaire du Comité des représentants permanents (Corep, 27-28 juin), préparatoire de la 31e session du Conseil exécutif au niveau des ministres des Affaires étrangères des Etats membres de l’UA, qui a clos ses travaux dimanche soir.

 

 

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