Culture

Rachid Badouri: «C’est un autre Maroc que je vois aujourd’hui»

Par Stéphanie JACOB | Edition N°:5056 Le 03/07/2017 | Partager
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Rachid Badouri a soufflé un vent d’émotion sur le public du Marrakech du Rire avec son spectacle «Rechargé». L’artiste y partage ses joies comme ses peines (Ph. Mokhtari)

Avec son spectacle «Rechargé», Rachid Badouri a soufflé un vent d’émotion sur le public du Marrakech du Rire. Des joies de son mariage aux affres de la disparition récente de sa mère, l’artiste partage sans concession. Tout droit venu du Canada, il pose un regard plein de promesses sur le Maroc, le pays de ses parents. Entretien en toute simplicité avec un humoriste sûr de ses charmes et de ses réparties.
 
- L’Economiste: Qu’avez-vous ressenti face à l’effervescence chaleureuse du public marocain?
- Rachid Badouri:
J’ai du mal à l’expliquer. C’est comme un parent qui parle de son enfant à une personne qui n’en a pas. Pour le comprendre, il faut le vivre. C’est un peu comme si les Marocains me demandaient, sans les mots, où j’étais et ce que j’ai fait depuis tout ce temps. Comme s’ils m’attendaient avec impatience. Pourtant, mes parents, qui sont tous les deux originaires du Rif, sont arrivés à Montréal en 1967, donc je ne suis pas né au Maroc et je n’y ai pas vécu. Mais cela ne semble pas déranger le public. Ils me permettent de me sentir légitime. J’ai l’impression que les Marocains sont fiers de leurs compatriotes qui s’illustrent ailleurs.
 
- Votre spectacle est très personnel, vous y livrez vos joies comme vos peines. C’est votre thérapie?
- Oui, mais c’est une sorte de thérapie égoïste puisque je fais payer les gens pour venir m’écouter! Ensuite, cette thérapie s’est faite à double sens. C’est vrai, j’avais besoin de parler de ce que j’avais vécu, comme la disparition de ma mère. De la même manière que lorsque l’on retrouve sa famille après une longue absence. Mais en lisant les commentaires sur les réseaux sociaux, j’ai pu voir que cela pouvait aider les autres également. On me disait «ce que tu as vécu, je suis en train de le vivre, et ça m’aide». Nous avons tous besoin d’espoir.
 
- Comment regardez-vous l’évolution du Maroc?  
- Moi qui ne viens que ponctuellement et qui regarde le Maroc de loin, je vois tout ce qui change, tout ce qui évolue. Et ça dès mon arrivée avec ce nouvel aéroport à Marrakech. Vous savez, nous avons un défaut au Canada, c’est d’être trop carré. Cela en devient même une maladie. Toujours aller de l’avant, être efficace sans délai. «J’attends un retour d’email» est une phrase qui n’existe pas au Québec. Mais cette exigence de qualité est un mal nécessaire que je regarde grandir ici. Je félicite le Roi Mohammed VI pour cela car c’est un autre Maroc que je vois aujourd’hui.
Propos recueillis par Stéphanie JACOB

 

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