Entreprises

Fibre optique: Orange Maroc veut passer à la vitesse supérieure

Par Badra BERRISSOULE | Edition N°:5055 Le 30/06/2017 | Partager
L'opérateur appelle à un cadre réglementaire pour le fixe
Pour offrir des conditions favorables pour le déploiement de la technologie
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Pour Bruno Mettling, PDG d’Orange Middle East & Africa, il faut veiller à ce que la nouvelle technologie, la fibre optique ne soit pas pénalisée dans son développement par le maintien de la situation du monopole (Ph. Mokhtari)

A la tête d’Orange Middle East & Africa depuis un an, Bruno Mettling revient dans cet entretien sur les ambitions d’Orange Maroc, notamment pour l’accélération du déploiement de la fibre optique pour une offre du haut débit accessible. A condition que le développement de cette technologie ne soit pas pénalisé par le maintien de la situation du monopole. Pour Mettling, il faut qu’un cadre réglementaire soit fixé pour permettre aux opérateurs d’investir dans la fibre dans de bonnes conditions par rapport à la situation privilégiée de l’opérateur historique.
 
- L’Economiste: Vous appelez à la nécessité d’une réflexion sur un cadre réglementaire pour le fixe pour ne pas rater le coche de la fibre optique.
- Bruno Mettling:
Tout à fait. Ce qui s’est passé avec l’ouverture pour le mobile doit nous servir de référence. Cette décision a été prise au plus grand service des utilisateurs grâce à une compétition entre les opérateurs. Paradoxalement, ce qui a été fait pour le marché mobile n’a pas été dupliqué sur le marché fixe puisque l’opérateur historique détient 90% du marché. Il faut s’interroger sur cette situation et surtout veiller à ce que la nouvelle technologie, la fibre optique ne soit pas pénalisée dans son développement par le maintien de la situation de monopole. Pour éviter cela, il faut qu'un cadre réglementaire soit fixé pour permettre aux opérateurs d’investir dans la fibre dans de bonnes conditions par rapport à la situation privilégiée de l’opérateur historique. Une situation de monopole n’a jamais bénéficié au client.
 - Techniquement, vous avez besoin d’avoir accès aux infrastructures de l’opérateur historique?
- Il y a effectivement différentes modalités. En France par exemple, celui qui installe une infrastructure doit veiller aux conditions dans lesquelles d’autres peuvent y avoir accès. C’est vrai que l’opérateur historique est tenu de rendre un certain nombre de services aux autres opérateurs dans des conditions économiques, réglementées. Il y a différentes modalités à mettre en place, sous le contrôle du régulateur et qui doivent permettre à la concurrence de s’installer sur le fixe. Sans cela, le déploiement sera plus lent et le coût va forcément rejaillir sur le client. La fibre est une technologie très solide et très fiable qui a vocation à durer une dizaine d’années et les entreprises doivent en bénéficier dans des conditions économiques pertinentes.
 
- Changer une marque n’est pas toujours aisé. Où en êtes-vous 6 mois après le rebranding Méditel en Orange? Le positionnement a-t-il été facilement accepté par les abonnés?
- Nous avons gagné plusieurs centaines de milliers de clients depuis le rebranding. Au terme des 6 premiers mois, les études que nous avons commandées aux cabinets d’étude montrent que la notoriété d’Orange est au plus haut niveau que l’on a jamais connu. On n’a jamais vu cela dans une opération de rebranding et ce en quelques mois à peine. Il faut aussi dire que nous avons pris toute une série d’initiatives: des offres en abondance, des tarifs particuliers, des efforts importants sur les appels internationaux et le roaming et les innovations sur le plan digital.
 
- Quid des autres chantiers annoncés comme la télévision sur le fixe, les objets connectés, les services financiers…
- La télévision sur le fixe est un bon exemple et il faut évidemment que les conditions dont on a parlé soient réunies pour permettre une offre convergente. S’agissant du paiement mobile banking, nous avons une offre qui remporte un certain succès et qu’on entend développer davantage. Orange s’inscrit totalement dans la réflexion engagée au Maroc sur l’évolution du paiement mobile, les utilisations qui peuvent en suivre.
 
- L’année dernière, le groupe s’est installé dans trois nouveaux pays africains. Vous comptez poursuivre ce plan de conquête?
- La priorité est à la consolidation des investissements dans les pays où nous sommes présents. Notre attention est donc toute concentrée sur les trois pays africains où on s’est renforcé récemment (Burkina Faso, Sierra Leone et le Liberia) et en RDC où nous avons repris l’activité d’un opérateur téléphonique. Il faut que ces opérations soient des succès pour les populations et pour Orange. On est plus dans cette logique qu’une politique de dispersion.

Les leaders d’Orange à Marrakech

Six mois après avoir lancé l’opération de rebranding, Orange a réuni 1.200 hommes clés du groupe, pour la 1re fois en dehors de l’Europe, à Marrakech. Une occasion pour le top management de revenir sur les priorités du groupe mais aussi de mettre en avant son expérience au Maroc après le succès qu’a remporté son opération de rebranding. Pour Bruno Mettling, DGA d’Orange et PDG pour le Moyen-Orient et l’Afrique, la place qu’occupe Orange Maroc dans la stratégie du groupe est très importante. La filiale marocaine représente aujourd’hui 10% des revenus dans la région. C’est aussi le symbole en termes de transformation digitale et de croissance de ce que souhaite faire le groupe dans l’ensemble de la région, indique Mettling.

Propos recueillis par
Badra BERRISSOULE

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