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Vos vieux vêtements peuvent produire du carburant!

Par Noriko AKIYAMA | Edition N°:5052 Le 23/06/2017 | Partager
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Le 21 octobre 2015, Iwamoto organise un événement où apparaît la De Lorean (du film «Retour vers le futur») qui roule grâce à de l’éthanol fabriqué à partir de T-shirts (Ph. Jeplan Inc)

Une entreprise japonaise incite le public à rapporter leurs vêtements usagés auprès de distributeurs agréés et elle se charge de recycler ces fibres textiles en bioéthanol.

Lorsque Michihiko Iwamoto travaillait pour une entreprise spécialisée dans le textile, il s'est retrouvé impliqué dans la production de vêtements de travail réalisés avec des fils fabriqués à partir de bouteilles PET. Il s'est alors demandé pourquoi il ne ferait pas tout circuler en ramenant les objets usés à leur état premier et en les transformant en de nouveaux produits destinés à la vente. Il y a 10 ans,  Michihiko Iwamoto créait avec un associé «Japan Environment Planning» («Jeplan Inc.»), une entreprise spécialisée dans le recyclage.

«Retour vers le futur»

L'entreprise a pour ambition de donner vie à la philosophie d'Iwamoto: prendre plaisir à trouver de nouveaux modèles circulaires. L'entreprise, basée à Tokyo, a élargi ses activités et suscité l'intérêt du public grâce à des projets accrocheurs, comme la

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création d'une réplique de la machine (ou la voiture) à remonter le temps qui s’inspire du grand succès cinématographique de 1985, Retour vers le Futur. Michihiko Iwamoto, désormais président de l'entreprise, travaillait auparavant comme commercial dans le secteur du textile. Il a commencé à s'attaquer sérieusement au recyclage après l'entrée en vigueur en 1995 de la loi japonaise concernant les emballages.
C'est à cette époque que Michihiko Iwamoto a rencontré Masaki Takao, alors étudiant de troisième cycle à l'Université de Tokyo, spécialisé en technologie et gestion. Le bioéthanol commençait à susciter un intérêt croissant. Masaki Takao était persuadé qu'il était techniquement possible de produire de l'éthanol à partir du coton, l'une des principales matières premières textiles. Le concept de Jeplan était né.
 «Si Jeplan réussit à tout faire circuler et démontre ainsi sa contribution globale, même à petite échelle, les gens comprendront facilement ce qu'ils font et seront incités à participer», explique-t-il.
L'un des exemples choisis par Jeplan est l'habillement. Le PNUE (Programme des Nations unies pour l'environnement) affirme que «la mode nourrit une industrie en pleine croissance et classe le textile et l'habillement comme la deuxième activité économique mondiale quant à l’intensité des échanges (353 milliards de dollars en 2001)». 60% des produits textiles dans le monde sont fabriqués en polyester et 30% en coton. Les coûts environnementaux de la production de ces textiles sont énormes, pourtant seul un très faible pourcentage de vêtements usés est actuellement recyclé.
Jeplan place des cartons de collecte dans les commerces de détail, et les consommateurs y déposent des vêtements destinés à être recyclés. Le coton connaît alors une deuxième vie sous forme d'éthanol, un produit utilisé comme source d'énergie. Cela n'a pas été facile de convaincre les détaillants de participer à l'aventure, mais au bout de deux ans, Jeplan a obtenu son premier accord. Depuis lors, le nombre de détaillants qui ont placé des boîtes de collecte dans leurs magasins ne cesse de croître.

Noriko Akiyama

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