Economie

Cochenille du cactus: Le ravage continue

Par Abdelaziz GHOUIBI | Edition N°:5050 Le 21/06/2017 | Partager
150.000 ha de figues de barbarie toujours menacés
La FAO en soutien aux services chargés de la lutte

La figue de barbarie de saison se fait encore rare sur le marché. Seules les variétés de contre-saison sont disponibles. Mais à des prix hors de portée pour le consommateur. Ce fruit de petit calibre est proposé entre 2 et 2,50 DH l’unité. Et cette «fièvre» devrait également s’emparer des fruits de saison. En cause, le déficit tendanciel de l’offre, suite aux ravages de la cochenille du cactus.

Déjà, l’année passée, de fortes infestations avaient été relevées dans les principales régions de production, notamment El Youssoufia, Rhamna et Sidi Bennour. Un arrêté ministériel, adopté en juillet 2016, avait instauré des mesures préventives pour protéger les autres régions et éradiquer l’insecte dans les zones infestées via la lutte chimique, l’arrachage et l’incinération des plantes.

Parallèlement, une campagne de sensibilisation a été menée tambour battant pour sensibiliser les producteurs et rassurer le consommateur sur l’absence de danger sanitaire de l’insecte. Mais la mesure phare tient au programme de recherche confié à l’Institut national de recherche agronomique (INRA) pour identifier un produit de traitement plus efficace que ceux utilisés depuis l’apparition de l’insecte. A moyen et long terme, l’INRA doit mettre au point des variétés de cactus résistantes au ravageur.

Mais, jusqu’à présent, le programme ne semble pas avoir abouti à des résultats tangibles. D’où l’assistance technique de la FAO.  Cet accompagnement porte sur le contrôle des infestations et le renforcement des capacités institutionnelles et techniques de toutes les parties prenantes. En particulier, l’Onssa (Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires) et les agriculteurs, pour appliquer les mesures phytosanitaires appropriées.

D’une durée d’un an, le plan a pour objectif de développer la lutte intégrée basée sur l’utilisation des prédateurs de l’insecte. Le coût global de ces actions est estimé à 4,2 millions de DH. L’enjeu est de taille. Le cactus, qui prolifère dans des régions arides, a enregistré un développement rapide. De 50.000 ha en 1998, la superficie plantée en cactus est passée actuellement à 150.000.

En 2020, elle devrait s’établir à 160.000 ha et assurer une production de 2 millions de tonnes selon l’objectif du plan Maroc Vert. Déjà le produit fait l’objet d’une valorisation sous diverses formes: confiture et utilisation dans l’industrie de cosmétiques. La raquette et les épluchures sont recyclées dans l’alimentation du bétail.

A ce titre, le cactus représente le tiers de l’alimentation du cheptel dans les zones où il est cultivé. Des zones qui manquent cruellement de  ressources fourragères et le nombre d’agriculteurs/éleveurs qui en  dépendent directement ou indirectement est considérable.

L’introduction de la cochenille Dactylopius opuntiae qui ravage le cactus au Maroc est récente. L’origine de l’infestation est difficile à établir, mais plusieurs sources, dont la FAO, estiment qu’elle est d’origine espagnole. L’insecte a été signalé à Murcia en 2006 et à Almeria en 2013. Or, les échanges de fruits et légumes entre les deux pays sont intenses. Il en est de même de la circulation des vecteurs.

Mauvaise espèce

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Ailleurs, la cochenille du cactus est élevée pour diverses utilisations. Les femelles produisent en effet une substance rougeâtre pour se défendre, appelée acide carminique. Cette substance est à la base un colorant rouge très prisé par l’industrie pharmaceutique et agroalimentaire: le carmin. Il est utilisé comme colorant naturel pour les aliments (charcuterie, bonbons, yaourts, jus...), les médicaments ou encore les produits cosmétiques. L’élevage de la cochenille pour son colorant rouge est particulièrement présent au Pérou et aux îles Canaries. Malheureusement, la cochenille identifiée au Maroc n’appartient pas à l’espèce élevée dans ces pays et ne produit pas suffisamment d’acide carminique pour faire l’objet d’une quelconque utilisation industrielle. Toutefois, elle ne représente aucun danger pour la santé du consommateur de la figue de barbarie.

                                                                                                    

Une plante prometteuse

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L’assistance de la FAO porte également sur l’accompagnement des agriculteurs pour développer la culture du Quinoa. Cette plante venue d’Amérique du Sud est riche en protéine et présente une capacité exceptionnelle d’adaptation. Seulement, les agriculteurs marocains qui la pratiquent se heurtent au problème de disponibilité de semence.   
Le projet proposé par l’Organisation mondiale de l’alimentation  vise à renforcer la chaîne de valeur de cette plante à travers une approche participative impliquant les divers acteurs. Il cible la recherche sur les variétés à hauts rendements et la formation des agriculteurs et techniciens agricoles.

 

 

 

 

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