Economie

La facture énergétique s’envole

Par Nadia DREF | Edition N°:5050 Le 21/06/2017 | Partager
Elle a grimpé de 50% à fin avril 2017
Les importations ont atteint 22,66 milliards de DH, soit +47,8%
L’export reste soutenu par les huiles de pétrole et lubrifiants
facture_energitiques_050.jpg

Cette évolution s’explique par l’augmentation de la valeur des approvisionnements en gas-oil et fuel-oil et en gaz de pétrole et autres hydrocarbures

Satisfaire une demande croissante, dominée par les énergies fossiles, et réduire la dépendance énergétique qui était de 98% en 2009… tel est le défi majeur auquel est confronté le secteur de l’énergie. Au cours des quatre premiers mois de l’année en cours, la facture énergétique s’est envolée de près de 50%. Elle s’est hissée à 22 milliards de DH contre 14,76 milliards à fin avril 2016.

Cette hausse est attribuée, principalement, à l’augmentation des approvisionnements en gasoil et fuel-oil (+4.492 millions de DH) qui s’explique davantage par l’effet prix (+51,4%) avec 4.575 DH/t contre 3.023 DH/t un an auparavant, que par l’effet quantités écoulées de ce produit (+10,6%), soit 2,44 millions contre 2,20 millions de tonnes.

Après avoir atteint leur niveau le plus bas à fin avril 2016 (15,33 milliards de DH), les importations énergétiques se sont appréciées de 47,8%, s’établissant à 22,66 milliards de DH à fin avril 2017, soit un niveau comparable à la même période de 2015. Cette évolution s’explique par l’augmentation de la valeur des approvisionnements en gas-oil et fuel-oil (+4,5 milliards de DH, soit +67,4%) et en gaz de pétrole et autres hydrocarbures (+1,28 milliard de DH, soit 34,5%) et ce, en relation avec la hausse des prix d’achats de ces deux produits sur le marché international (+48,3% et +57,3% respectivement).

La part des importations énergétiques représente 15,7% du total de l’import à fin avril 2017 contre 11,7% un an auparavant. C’est ce qui ressort des statistiques publiées par le ministère de l’Energie au terme des quatre premiers mois de l’année en cours.

En revanche, les exportations ont cumulé 596,84 millions de DH contre 565,1 millions à fin avril 2016, soit une hausse de 5,6%. C’est la séquence directe de la résistance des ventes des huiles de pétrole et lubrifiants qui ont drainé 549,6 millions de DH (+7,1%). Cependant, les exportations du gasoil-fuel ont fléchi de 55,5% cumulant à peine 4,6 millions de DH, au cours des quatre premiers mois de l’année en cours, contre 10,3 millions de DH à fin avril 2016.

Même tendance baissière enregistrée pour la catégorie «Paraffines et autres produits» avec un recul de 27,7% absorbant 4,2 millions de DH contre 5,8 millions un an auparavant. Par volume, les importations ont cumulé 6,95 millions de tonnes à fin avril dernier, contre près de 6,79 millions de tonnes, soit une hausse de 2,5%, précise-t-on auprès du ministère de l’Energie.

Les ventes des produits pétroliers, quant à elles, ont atteint 10,7 millions de tonnes, en 2016, en appréciation de 3,5%, d’après les prévisions de la Direction de l’observation, de la coopération et de la communication relevant du ministère de l’Energie. Le plus gros des volumes est réalisé par le gasoil qui draine plus de 51% des écoulements, suivi de loin par le butane (21,8%) et le fuel (13%).

Par ailleurs, les ventes de l’électricité ont atteint 9.608,7 GWh, en hausse de 2,2% au cours des quatre premiers mois par rapport à la même période de 2016, selon les données fournies par l’ONEE. Les distributeurs ont acheté 4.113,6 GWh contre 4.012,2 GWh, soit +2,5% un an auparavant.

Les clients de la basse tension (BT) ont consommé un peu moins (-0,4%), à fin avril avec des volumes de 2.156 GWh tandis que les achats des clients de la moyenne tension (MT) ont quasiment stagné (+0,04%) cumulant 1.904 GWh. Par ailleurs, la consommation des combustibles pour la production de l’électricité est dominée par le charbon (1,962 million de tonnes, en recul de 7,4%), suivi de loin par le fuel (247.592 tonnes, soit +70%), le gasoil (3.494 tonnes, soit +36,2%) et enfin le gaz naturel (346,6 tonnes, soit -1,5%).   

La production de l’électricité à partir de l’énergie dite «nette» (y compris l’éolien via le réseau client) a atteint 11.467,8 GWh à fin avril 2017, contre 11.027,4% GWh  un an auparavant, soit une variation de 4%. L’énergie thermique accapare 83,14% de cette production  avec 7.877,4 GWh tandis que le reste est ventilé entre l’éolien (9,69%), l’hydraulique (5,7%) et le solaire (1,47%).

Repli des importations du gaz naturel

Le Maroc a importé 195,1 millions de m3, entre janvier et avril 2017, contre 203,3 millions de m3 un an auparavant, soit une baisse de 4,1%. A contrario, les prélèvements en nature ont totalisé 152,9 millions de m3 contre 149,4 millions à fin avril 2016, soit une augmentation de 2,4%. Quant à la redevance du Gazoduc Maghreb Europe (GME), elle s’est établie à 206,5 millions de m3 contre 187,7 millions à fin avril 2016, soit une évolution de 10%. A noter que les besoins du pays en gaz naturel sont estimés à environ 5 milliards de m3 par an. Le projet «Gas to Power» va alimenter en priorité les centrales électriques d’une quantité d’environ 3,5 milliards de m3 par an, et fournir à certaines industries leurs besoins estimés à environ 1,5 milliard de m3 par an.

 

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc