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Juniors entreprises: Sur les traces des étudiants qui osent!

Par Tilila EL GHOUARI | Edition N°:5049 Le 20/06/2017 | Partager
Un concept formateur, implanté au sein des universités
Elles sont gérées exclusivement par des étudiants
Un atout de taille pour leurs insertions professionnelles
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Véritables passerelles entre le monde estudiantin et professionnelle, les juniors entreprises permettent aux étudiants d’assimiler les codes des entreprises avant l’heure (Ph. CJEM)

A2S (Action services et solutions) est spécialisée dans la conception de plateformes et dans les nouvelles technologies de l’information. Cependant, cette entreprise est assez particulière puisqu’elle est dirigée par des étudiants et est implantée au sein de l’Institut national des postes et télécommunications (INPT). Ce type de société, appelé junior entreprise (JE), commence à prendre de l’ampleur dans le milieu estudiantin marocain.

Plusieurs raisons expliquent ce phénomène, à commencer par le taux de chômage élevé parmi les diplômés du supérieur (26% selon le HCP). «Le passage en JE aide les jeunes à construire leur propre réseau professionnel et permet de les responsabiliser», explique Alexandra Montant, DGA de ReKrute.com. Par ailleurs, les étudiants y assimilent les codes et la culture d’entreprise avant l’heure, et développent  un esprit entrepreneurial.

Une dizaine d’écoles ont développé ce concept sur le territoire national. Sous forme d’association à but non lucratif, les JE sont créées et gérées uniquement par des étudiants. Ces structures fonctionnent comme de petits cabinets de conseil où les membres actifs proposent des études de marché, des services de développement informatique, ou encore des travaux en ingénierie aux entreprises.

Ces missions sont bien évidemment rémunérées, ce qui permet à la JE d’avoir un fonds de roulement et aux étudiants qui ont contribué à la tâche de se procurer de l’argent de poche. Des entreprises, dont l’Oréal et Aswak Assalam, figurent parmi leurs clients. «Nous travaillons avec les entreprises de différents tailles et secteurs.

Notre clientèle est aussi constituée de start-up qui souhaitent développer des projets auxquelles nous nous associons», révèle Ilias Laksabi, président de la Junior business consulting (JBC), de l'ENCG Tanger. Les clients de cette société sont principalement des TPME et des auto-entrepreneurs.

A la recherche de solutions agiles, efficaces et surtout aux moindres coûts, les entreprises sont prêtes à faire confiance à ces jeunes à la fibre entrepreneuriale. Ce concept est tout aussi bénéfique pour les étudiants, puisqu’il leur permet de s’auto-former à des missions réelles et payantes.

«Il est facile de se lancer dans des travaux parascolaires, mais peu vont au-delà de cela. Assumer une responsabilité, négocier avec ses clients et gérer son propre compte bancaire, sont plus engageants», soutient Zineb Nouri, présidente de Créat’sulting à l’Esca. Face à de véritables clients, les juniors entrepreneurs s’impliquent davantage. «Confrontés à la réalité du marché, ces profils acquièrent une expérience professionnelle, ce qui en fait des profils expérimentés. Ils sont, de ce fait, prisés par les entreprises», souligne la DGA de ReKrute.com. 

A l’image de leurs aînées de la CGEM, les juniors entreprises sont organisées autour d’une confédération (Confédération des juniors entreprises marocaines) qui porte leurs voix. Ces associations fonctionnent comme n’importe quelle autre entreprise. «Nous pouvons choisir d'être de simple consultant et participer ponctuellement à des missions, comme on peut s'investir à plein-temps en devenant membre du bureau exécutif», précise Chaimae Chelkha, responsable événementiel au sein de la CJEM, et également responsable trésorerie à la junior entreprise de l’Ecole Hassania des travaux publics (EHTP).

L’organigramme de ces associations est composé d’un président et de responsables financiers, marketing,... Ils forment le comité exécutif. Ils prennent en charge la gestion de la structure, la prospection de clients ainsi que le suivi des missions. Ils recrutent également d’autres étudiants qui seront en charge des projets. En sortant du cadre monotone des salles de cours, ils ont l’occasion de mettre en pratique leurs connaissances diverses.

«La JE permet aux étudiants d’avoir un avant-goût de l’entrepreneuriat et les encourage dans la création d’entreprise», indique Alexandra Montant. «Notre dernière enquête sur l’entreprise idéale relève que plus de 20% des jeunes lauréats souhaitent travailler à leur propre compte», précise-t-elle.

Pour mener à bien leurs travaux, ces juniors entrepreneurs peuvent s’appuyer sur leurs enseignants ou, dans certains cas, sur les alumni de leurs écoles. Ces derniers apportent leur soutien bénévolement. Des changements sont introduits dans l’organisation au fil des promotions. Les étudiants qui prennent le relais apportent une nouvelle vision, ce qui permet de garder une certaine dynamique.

Mieux que des stages en entreprise, où certaines barrières empêchent les étudiants d’exprimer leur plein potentiel, la JE est un véritable outil pédagogique qui gagne à être connu.

 

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