Entreprises

Regards croisés sur la RSE

Par Jean Modeste KOUAME | Edition N°:5044 Le 13/06/2017 | Partager
LafargeHolcim, BMCE, Delassus, Somadu partagent leurs expériences
La performance est évaluée à l’une des valeurs sociales de l’entreprise

«Aujourd’hui la performance des entreprises n’est plus seulement appréciée à travers des ratios financiers. Elle a besoin d’être évaluée dans une perspective globale, qui prend en compte les aspects sociaux, environnementaux, de gouvernance, de droits de l’Homme, d’éthique des affaires, de prévention de la corruption…», soutient Fouad Benseddik, DG de Vigeo Eiris Maroc.

L’association RSO au Maroc vient d’organiser une rencontre autour de la RSE et de la performance des entreprises à laquelle 4 dirigeants d’entreprises ont partagé leurs expériences. Pour Brahim Benjelloun-Touimi, administrateur directeur général exécutif-Groupe BMCE Bank of Africa, la RSE fait partie de l’ADN de la banque: «Les actions qui en découlent ne sont pas des dépenses.

Ce sont des investissements qui permettent d’atténuer les risques, au premier rang desquels le risque réputation». La banque affecte environ 4% de son résultat avant impôts à des actions de responsabilité sociale, au cœur desquelles figure le programme «Madrassa.com», de construction et gestion d’écoles communautaires dans le rural.

Chez LafargeHolcim, engagement RSE rime avec sécurité des collaborateurs et populations environnantes. L’industriel a mis en place des comités de liaison dans les 50 sites industriels qu’il compte au Maroc. Ce qui lui permet de cartographier la situation socio-économique des populations environnantes, identifier leurs besoins réels, créer des liens forts avec les communautés, organiser des campagnes de dépistage de maladies (cancer…).

Pour Delassus, l’engagement dans la responsabilité sociale est parti d’un constat. Les enfants de la plupart des emballeuses étaient en situation d’abandon voire d’échec scolaire entre 12 et 14 ans. Au départ, l’entreprise a recruté un enseignant pour dispenser des cours de soutien scolaire. De 50 enfants, le projet s’est étendu à 120, puis 600... Du coup, la fondation Sanady a vu le jour. «Aujourd’hui nous sommes à plus de 4.000 enfants bénéficiaires/an.

Nos classes ne dépassent pas 15 enfants et une quarantaine d’entreprises se sont jointes à l’initiative», fait valoir Kacem Bennani Smires, PDG de Delassus. La fondation fait de la rénovation d’écoles, dispense des cours aux enfants issus de milieux défavorisés dans 6 régions (Casablanca, Mohammedia, Agadir, Tanger, Safi, El Gharb) jusqu’au baccalauréat, en partenariat avec 51 écoles publiques et assure la formation des professeurs.

Chez Somadu, une fondation a été créée il y a 3 ans. Elle dispose d’un budget d’environ 150.000 DH, financé au tiers par l’entreprise, les salariés et l’autre tiers par les actionnaires. La fondation mène des actions sociales: distribution de paniers pour le Ramadan… Pour Moulay Youssef Alaoui, PDG Somadu: «Ce qui est important, c’est surtout la confiance que cela génère au sein de l’entreprise. L’adoption d’une politique RSE permet d’avoir un personnel plus engagé et donc plus responsable. Le résultat est la performance qui vient après».

Un guide à la Bourse de Casablanca

Au niveau de la Bourse de Casablanca, plusieurs initiatives sont lancées pour apprendre aux dirigeants le langage de la responsabilité sociale. «Nous venons de lancer avec l’autorité marocaine du marché des capitaux un guide ESG, afin de produire des reporting plus globaux», explique Karim Hajji, DG de la Bourse de Casablanca. Dénommé guide ESG (pour environnement-social et gouvernance), le document s’adresse aux entreprises cotées, afin de communiquer sur des aspects non financiers de leur activité…

 

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