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Analyse

Rose à parfum: Professionnaliser la filière pour contrer la fraude

Par Sabrina BELHOUARI | Edition N°:5042 Le 09/06/2017 | Partager
Une meilleure réglementation devrait limiter les pratiques douteuses
L'eau de rose, le produit le plus touché, objet de contrefaçon chinoise
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L’hydrodistillation des pétales de roses, procédé servant à obtenir l’huile essentielle de rose et l’eau de rose, est abordable et ne fait l’objet d’aucun contrôle, ce qui laisse la porte ouverte à la fraude dans la qualité du produit (Ph. L'Economiste)

La mise à niveau de la filière de la rose à parfum s’avère nécessaire dans la mesure où la valeur du produit de la rose à parfum de M’Gouna sur le marché augmente rapidement. L’appât du gain attire inévitablement les fraudeurs et entraîne des pratiques douteuses au détriment de la qualité et la réputation du produit.

Pour la Fimarose, deux axes se positionnent en priorité dans le contrat-programme mis en route: la réglementation et la qualité. Le projet de mise à niveau réglementaire de la rose au Maroc aspire à mettre en place un dispositif permettant de réduire la fraude qui touche la filière, l’eau de rose étant le principal produit touché. En effet, ce produit très rentable, avec un prix de vente sur le marché national, qui dépasse les 100 DH le litre, fait l’objet de contrefaçon.

D’après la Fimarose, des produits synthétiques d’origine chinoise sont mis en bouteille à Kelaat M'Gouna et écoulés sur le marché national, mettant ainsi en péril l’image de la rose marocaine et la santé du consommateur. En outre, «ici n’importe qui peut faire de l’hydrodistillation avec un alambic de fortune et produire de l’eau de rose. Comme il n’y a pas de contrôle, il est possible de faire deux jusqu’à trois distillations avec la même quantité de pétales de roses au départ. Chose qui permet à des petits producteurs peu scrupuleux d’écouler ce produit de moindre qualité au même prix du marché», affirme un membre associatif sur place.

En effet, outre les trois grandes unités de distillation modernes présentes sur place, détenues par Arômes du Maroc, Biolandes et Ard Guisser, avec une capacité de transformation de 900, 400 et 200 tonnes/an respectivement, il y a deux unités semi-modernes et 5 unités traditionnelles, totalisant une capacité de production d’à peine 27,6 t/an. Mais rien n’empêche d’autres de produire de l’eau de rose en petites quantités et de la vendre.

C’est dans ce sens que le contrat-programme de la filière rose à parfum prévoit, en collaboration avec l’Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA), la mise en place d’une réglementation qui fixe les conditions de production et de commercialisation de la rose. Après la reconnaissance de l’Appellation d’origine protégée «Rose fraîche de Kelaat M’Gouna Dadès» en 2011, l’eau de rose de Kelaat M’Gouna disposera bientôt d’une labellisation Signe distinctif d’origine et de qualité (SDOQ). Des normes techniques de contrôle de la qualité des produits de la rose feront également partie des actions entreprises.

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La mise à niveau de la filière de la rose à parfum s’avère nécessaire dans la mesure où la valeur du produit de la rose à parfum de M’Gouna sur le marché augmente rapidement. L’appât du gain attire inévitablement les fraudeurs et entraîne des pratiques douteuses au détriment de la qualité et la réputation du produit.

En parallèle à l’aspect réglementaire, et outre l’aménagement hydro-agricole, le repeuplement et la densification des cultures de la rose de 200 ha sur les 800 ha existants, il s’agit aussi de rehausser la qualité des plants de la rose à parfum cultivée dans ce territoire. L’idée est de produire des plants de qualité, de l’espèce Rosa damascena (variété la plus demandée sur le marché international), qui serviront aux agriculteurs à améliorer leur productivité.

Selon un rapport de l’Andzoa, le rosier dans la vallée de Dadès est relativement âgé́, avec plus de 79% des roseraies de la région installées depuis plus de 10 ans et 42% installées depuis plus de 20 ans. Les roseraies jeunes (moins de 5 ans) représentent un peu moins de 8%.

Ce projet devrait donc permettre d’augmenter le rendement moyen actuellement estimé à 1 tonne/ha vers un rendement moyen de 4 tonnes/ha, et d’augmenter la production de 2.000 à 4.800 tonnes/an, ainsi que les quantités transformées pour passer à 3.800 t/an au lieu de 1.000 t actuellement.

«L’adoption du cahier des charges spécifique à la création des pépinières des plants du rosier à parfum est en cours, la production et la plantation de 4 millions de plants de l’espèce Rosa damascena devrait par contre attendre encore un peu», note Salah Aghezzaf, de l’ORMVA de Ouarzazate. Une place particulière sera aussi accordée à la recherche et développement du fait de l’importance de cet aspect dans la modernisation de la culture de la rose à parfum, surtout que la concurrence au niveau international est très pointue à ce niveau.

L’impératif de la formation des agriculteurs

La formation aux techniques de conduite agricole moderne dans la culture de la rose fait l’objet d’un programme à part entière. Il est en effet primordial de dispenser aux propriétaires des plantations un savoir-faire supplémentaire à tous les niveaux de la filière. La Fimarose passera des conventions avec des établissements pour la formation de 2.000 agriculteurs aux techniques de conduite moderne et bio ainsi qu’aux techniques de commercialisation. Par ailleurs, et en marge du festival de la rose de Kelaat M’Gouna du 11 au 14 mai dernier, une première session de formation sur la valorisation et la commercialisation de la rose et ses dérivés a été organisée à l’initiative de la Chambre d’agriculture de la région Drâa-Tafilalet au profit de 40 agriculteurs, représentant 20 coopératives et associations.

 

 

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