International

Algérie: L’économie toujours malade

Par Amine SAHRANE | Edition N°:5039 Le 06/06/2017 | Partager
Hausse du chômage, larges déficits budgétaires
Une croissance modérée accompagnée de tensions inflationnistes
Le choc pétrolier se fait sentir
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Dans un contexte de baisse des prix pétroliers, la dépendance aux hydrocarbures pèse sur l’Algérie. Avec une croissance modérée, l’inflation et le chômage sont en hausse. Le solde extérieur courant négatif représente presque 12% du PIB

Le FMI vient de publier ses conclusions sur l’économie algérienne. D’après l’institution, «l’Algérie reste confrontée à des défis importants posés par la baisse des cours pétroliers». Les principaux indicateurs macroéconomiques sont loin d’être encourageants.

Les analystes notent un ralentissement de la croissance dans les secteurs hors hydrocarbures, ainsi qu’un taux de chômage qui s’est établi à 10,5% en septembre 2016, tout en restant particulièrement élevé chez les jeunes (26,7%) et les femmes (20%).

Les tensions inflationnistes font partie des principales préoccupations. L’indice des prix à la consommation a connu une progression de 4,8% en 2015 et de 6,4% en 2016. En février 2017, le taux d’inflation se chiffrait, en glissement annuel, à 7,7%! Ce niveau et d’autant plus aberrant quand on considère le fait que ce pays n’a crû qu’à un rythme d’environ 3% sur les dernières années(1).

L’Algérie ne fait pas mieux pour ses finances publiques. Les déficits budgétaire et courant restent larges et la dette publique a augmenté, «en partie sous l’effet de la matérialisation des garanties de prêts octroyées par le gouvernement» observe le FMI.
Le rapport salue tout de même la politique algérienne d’assainissement du budget à moyen terme ainsi que les efforts que le pays déploie pour s’adapter au choc pétrolier. En raison de sa forte dépendance aux hydrocarbures pour ses exportations et pour ses recettes publiques, l’effondrement des prix du pétrole a grevé les finances publiques, la balance commerciale et les réserves de change. Le déficit budgétaire s’est creusé de 1,4% du PIB en 2013 et à 15,7% du PIB en 2016.

Le FMI soutient les mesures prises pour réduire ce déficit. Ces mesures ont visé l’accroissement des recettes hors hydrocarbures, la maîtrise des dépenses courantes, la poursuite de la réforme des subventions, ainsi que l’amélioration de l’efficience de l’investissement public.

Pour les recommandations, le FMI préconise «d’opérer des réformes structurelles de grande envergure pour diversifier l’économie et promouvoir un secteur privé dynamique». Ces dispositions doivent être conçues selon une approche globale et systémique. De manière à ce qu’elles «se renforcent mutuellement et à ce que la charge de l’ajustement économique soit partagée de manière équitable» précise le FMI.

Il recommande également d’agir rapidement pour réduire la bureaucratie, améliorer l’accès au crédit, ainsi que pour renforcer la gouvernance et la transparence. Pour lutter contre le chômage, l’institution pousse à «réduire l’inadéquation des qualifications, à améliorer le fonctionnement du marché du travail, à accroître le taux d’activité des femmes et à continuer d’ouvrir l’économie aux échanges et à l’investissement direct étranger».

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(1)    Au Maroc, l’inflation reste sous contrôle. Elle s’établit à 1,1% en 2017 (cf. www.leconomiste.com du 21/03/2017).

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