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International

Les remèdes de l’OCDE contre l’échec de la mondialisation

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5036 Le 01/06/2017 | Partager
Des règles plus strictes pour le commerce et l’investissement
Intensifier la coopération, améliorer le fonctionnement des marchés
Le coût des introductions en Bourse pointé du doigt

Pourquoi la mondialisation n’atteint-elle pas ses objectifs? La réponse se trouve dans l’étude de l’OCDE «les Perspectives 2017 sur l’entreprise et la finance» pour qui le renforcement de la coopération internationale s’avère nécessaire pour que cette mondialisation profite à tous. Le FMI et le G20 multiplient aussi leur appel pour une meilleure répartition de ces bénéfices.

Le but étant d’éviter des poussées protectionnistes. L’incertitude politique est la conséquence du rejet de la mondialisation, allusion faite au vote sur le Brexit, la victoire de Donald Trump ou encore le récent score historique du Front national en France.

Le fait «que la mondialisation n’ait pas réussi à instaurer des règles du jeu équitables en matière de commerce, d’investissement et de conduite des entreprises, est l’un des facteurs qui contribue dans de nombreux pays à un rejet de l’ouverture et à un effritement de la confiance dans les institutions publiques», indiquent les experts de l’OCDE. Leur publication comporte une série de recommandations.

Ce n’est qu’en améliorant le fonctionnement des marchés mondiaux des entreprises et des institutions que la croissance de la productivité pourra être restaurée, la formation de surcapacités évitée et la confiance du public raffermie. Il est question aussi de veiller au respect des règles du jeu concernant les échanges, l’investissement et la conduite des entreprises. Tout en préservant les bienfaits de l’ouverture économique. Outre ces mesures, l’Organisation recommande d’accroître les investissements dans les infrastructures et de mettre en place des réformes structurelles ainsi que des filets de sécurité.

L’étude traite également d’autres domaines dans lesquels des initiatives doivent être prises afin d’instaurer des règles du jeu équitables. Et la liste est longue. La concurrence sur les marchés des financements sur fonds propres doit être renforcée. Le coût moyen d’une introduction en bourse d’une valeur inférieure à 100 millions de dollars oscille entre 9 et 11% de la valeur de la transaction. Ce qui renchérit le coût des fonds propres et nuit à l’investissement productif de long terme.

Au sujet des entreprises publiques, le pourcentage est passé de 9,8% à près de 23% ces dernières années, dans le palmarès Fortune Global 500. L’OCDE préconise à cet effet que leur gouvernance et leur actionnariat soient conformes aux meilleures pratiques en vigueur et empêchent soutiens et subventions publics qui faussent la concurrence.

Sur un autre plan, les pratiques de collusion, exercées par l’intermédiaire d’ententes internationales, renchérissent les prix des biens et services pour les consommateurs, en particulier pour les ménages à bas revenu. Près de 240 ententes internationales, représentant un chiffre d’affaires de 7.500 milliards de dollars, ont été mises au jour et les entreprises reconnues coupables condamnées à des amendes. Les pays doivent faire respecter les règles applicables en cas de soumissions concertées et lever les obstacles à la collecte d’informations et à la coopération entre leurs autorités respectives dans le cadre des enquêtes menées par celles‑ci.

Lutter contre la corruption

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L’OCDE appelle à une mise en œuvre plus rigoureuse des législations relatives à la lutte contre la corruption pour améliorer les effets perçus de la mondialisation sur l’économie mondiale. Selon les estimations, les comportements de recherche de rente représentent 2% à 3% du PIB mondial, soit l’équivalent de l’économie française. Et le message est on ne peut plus clair: «plus les dispositions législatives des pays parties à la Convention anticorruption de l’OCDE sont strictes, moins ces pays investissent dans les régimes entachés de corruption…».

 

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