Economie

Transport de voyageurs: La prime à la casse sera revue à la hausse

Par Nadia DREF | Edition N°:5036 Le 01/06/2017 | Partager
Reprise des négociations pour la signature du contrat-programme
De nouvelles dispositions seront intégrées dans la LF 2018

Est-ce la fin du long feuilleton de la réforme du secteur du transport routier de voyageurs? En tout cas, c’est ce que laissent croire les déclarations de Mohamed Najib Boulif, secrétaire d’Etat chargé du Transport (voir entretien) ainsi que Abdelilah Hifdi, président de la Fédération nationale du transport (FNTR).

Les deux parties ont confirmé la relance des discussions pour la signature d’un nouveau contrat-programme pour la filière. L’objectif est d’éviter l’échec essuyé en 2014 et remettre sur les rails la mise à niveau, tant attendue, d’un secteur stratégique. «Le transport est un géant aux pieds fragiles qui manque d’une vision globale et intégrée et d’une réforme du cadre législatif pour mieux accompagner les changements économiques et sociaux», a souligné le président de la FNTR.

Et d’ajouter: «Aujourd’hui, nous avons des entreprises leaders, mais ce n’est pas suffisant. Les autres sociétés ont besoin d’être tirées vers le haut». Pour relancer les discussions, les deux parties sont tenues de trouver un terrain d’entente sur le principal point de discorde, en l’occurrence le rachat des anciens agréments. «C’est la seule voie de la réforme», fustige Abdelilah Hifdi. La prime à la casse figure également en pole position des doléances.

Les professionnels sont tous d’accord pour la mise en place d’un fonds doté de 1 milliard de DH, soit à peu près 400.000 DH par autocar. «Cette mesure, se rapportant aux primes pour la modernisation des entreprises et du parc, existait depuis 2014, mais elle a été retirée par le gouvernement. Ce qui a causé l’échec des négociations», a tenu à préciser Abdelilah Hifdi.

De son côté, le secrétaire d’Etat a confirmé la révision à la hausse de la prime à la casse des autocars et son introduction pour  la loi de finances 2018. Il y a lieu de signaler que cette subvention a disparu, en 2017, au niveau du transport de marchandises, à la grande surprise des opérateurs. La prime était de 120.000 DH par camion.

Le nouveau contrat-programme devra également réguler l’octroi de nouveaux agréments par voie d’appel d’offres et verrouiller l’accès à la profession. «Il faut donner une préférence aux anciens exploitants au niveau des lignes pour les opérateurs actuels et régler le problème entre l’exploitant et le détenteur de l’agrément», souligne le président de la Fédération qui insiste sur la nécessité d’opérer une rupture avec le passé. En clair: «Ne pas toucher aux acquis du passé, avec une période transitoire assez longue».

Désormais, la tâche ne s’annonce pas facile, vu la complexité du secteur et les positions des deux parties. Mohamed Najib Boulif est devant un nouveau défi qu’il est tenu de relever, vu que c’était lui qui menait les négociations au sein du gouvernement Benkirane II.

Manque de synergies et de convergence

Les professionnels déplorent l’absence de mise à niveau des gares routières qui dépendent des collectivités locales, loin du domaine d’intervention du ministère de l’Equipement et des Transports. Abdelilah Hifdi, président de la FNTR, pointe du doigt la résistance au changement au niveau de plusieurs départements. «La gouvernance au niveau du transport de voyageurs est éclatée, fragmentée. Ce qui rend difficile une véritable réforme intégrée. Pareil pour le contrôle qui reste éparpillé», argue-t-il. «Nous avons besoin d’une vision globale et intégrée pour une vraie réforme afin de produire un transport sécurisé et respectueux de l’environnement», poursuit-il. Le transport de voyageurs représente 35% du trafic. Selon Ezzoubeir Errhaimini, vice-président de la FNTR, le parc des autocars au Maroc se situe entre 2.400 et 2.500 véhicules dont l’âge moyen est autour de 12 ans.

 

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