Société

Oiseaux d’eau et zones humides: Béni Mellal-Khénifra, un site de référence

Par Sabrina BELHOUARI | Edition N°:5034 Le 30/05/2017 | Partager
La région représente un réservoir naturel de haute importance
Le site d’Aguelman Azegza en passe d'intégrer les sites Ramsar
La recherche scientifique et les lois concernant l'ornithologie et les zones humides en débat
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La région de Khénifra, qui regorge de sites de grand intérêt écologique, comme celui d’Aguelman Azegza, plus connu par les randonneurs pour sa forêt et son lac, est l’une des zones humides les plus riches en biodiversité au Maroc et sera proposée pour faire partie des sites Ramsar, reconnus à l’échelle internationale (Ph. SB)

Les zones humides méditerranéennes sont des écosystèmes particulièrement riches en faune et flore, mais restent vulnérables face à la pression exercée par l’homme. La gestion non intégrée des ressources en eau, où les besoins hydriques écologiques de ces écosystèmes sont totalement négligés, est un des exemples de l’impact humain.

C'est ainsi que des millions d'oiseaux d'eau qui transitent par ces zones sont fréquemment sujets à des disettes, conséquence aux pertes et modifications des zones humides en particulier lors des migrations. La plupart de ces espèces peuvent modifier leur répartition géographique pour s'adapter aux sécheresses, mais les chances de cette adaptation deviennent très réduites actuellement.

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C’est dans ce sens qu’ont été tenues, les 19 et 20 mai, les huitièmes Journées internationales «Oiseaux d’eau & zones humides» à l’Ecole supérieure de technologie de Khénifra. L’évènement est co-organisé avec le Grepom/BirdLife Maroc et l’Institut scientifique de Rabat, en partenariat avec le Haut-Commissariat aux eaux et forêts et à la lutte contre la désertification et la Tour du Valat (France).

«Le choix de la ville de Khénifra pour l'organisation de cet évènement vient en reconnaissance de l'importance de la région de Béni Mellal-Khénifra en tant que site particulièrement riche en biodiversité et en tant que réservoir naturel des ressources hydriques avec ses forêts, lacs, sources… à l’image des sources d’Oum Rbii et du lac Aguelmam Azegza», insiste Abba El Hassan, professeur en génie de l’environnement à l’Ecole supérieure de technologie de Khénifra et membre de l’organisation.

Cette rencontre a pour objet d'offrir aux institutions investies dans la connaissance ou la gestion des zones humides nord-africaines une plateforme pour échanger sur leur savoir et savoir-faire. Ces échanges contribuent amplement à stimuler la recherche et à améliorer les approches en gestion durable des zones humides nord-africaines. Lors de cette rencontre, il sera question de revenir sur la stratégie nationale 2015-2030 pour la conservation des zones humides au Maroc.

En outre, les intervenants mettent en exergue l’écologie, biologie et conservation de la flore et de la faune des zones humides, ainsi que la gestion intégrée des ressources en eau et l'impact des changements climatiques sur ces zones. En effet, outre les perturbations causées par l’activité humaine, cette biodiversité se trouve exacerbée par les effets du changement climatique.

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La rencontre propose par la même occasion de renforcer un programme ambitieux de recherche et de formation en environnement lancé par l’Ecole supérieure de technologie de Khénifra relevant de l’Université́ de Moulay Ismail de Meknès. Il s’agit d’une initiative pilote d'intégration de la gestion des milieux naturels dans la formation universitaire.

La huitième session des Journées internationales sur les oiseaux d'eau et les zones humides donnera lieu à des recommandations rappelant le rôle des zones humides comme indicateur des changements climatiques à l'échelle globale. «Compte tenu de sa haute valeur écologique et ornithologique, nous proposons la zone d'Aguelmam Azegza en tant que site Ramsar, avec tout ce que cela aura comme impact socio-économique sur la région», ajoute El Hassan. Une aubaine en effet pour la biodiversité de ce site, avec les retombées d’un tel classement aussi bien sur l’aménagement du site que sur son devenir en tant que destination d’études scientifiques et de lieu de tourisme écologique.

 

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