Economie

Le Maroc dans la Cédéao: Le virage à négocier

Par Abdelaziz GHOUIBI | Edition N°:5033 Le 29/05/2017 | Partager
Migration et convergence des ALE, les premières adaptations
Un acquis, l’expansion des échanges et des IDE
Une analyse du Centre marocain de conjoncture
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Principale communauté économique régionale en Afrique de l’Ouest, la Cédéao a été créée le 28 mai 1975. Elle regroupe un ensemble de 15 pays et tient son siège à Abuja au Nigéria. Ses membres occupent une superficie de plus de 5 millions de km2. L’ensemble régional de la Cédéao est lié par un accord multilatéral et compte une population totale dépassant 300 millions d’habitants. Avec un PIB à  632 milliards de dollars, cet espace économique occupe  actuellement la 21e place dans le classement des économies mondiales

Après avoir constaté la mort clinique de l’ensemble maghrébin, le Maroc décide d’intégrer la Cédéao (Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest). L’option,  annoncée en février 2017, s’insère bien évidemment dans la diplomatie axée sur la coopération Sud-Sud.

Si elle ouvre de nouveaux horizons plus prometteurs, l’orientation implique de nouveaux défis qu’il faut prendre en charge. La dernière livraison du Centre marocain de conjoncture dédiée à la question en dénombre trois enjeux de taille.

Le premier concerne «la gestion de la migration sous l’effet du principe de libre circulation des ressortissants des pays membres avec un passeport et une carte d’identité Cédéao».

En  second lieu, il s’agira «de concilier les différents accords de libre-échange, en vigueur au Maroc, avec l’instauration du Tarif extérieur commun (TEC), mis en place par la Cédéao depuis 2015, sur lequel se greffent l’harmonisation des politiques budgétaires et l’adoption d’une monnaie commune à l’horizon 2020». Enfin, des risques tout aussi importants que diversifiés sont également présents. Ils sont liés à la rareté de fonds  financiers, à la sécurité et aux convoitises des multinationales.

Ce gros marché d’avenir ne laisse pas indifférent, prévient le CMC. A tel point que d’aucuns estiment «qu’un statut d’associé serait plus accommodant pour le Royaume».  L’ensemble régional de la Cédéao est lié par un accord multilatéral regroupant 15 pays ouest-africains et compte une population totale dépassant 300 millions d’habitants.

Avec un PIB consolidé estimé, en 2015, à  632 milliards de dollars, cet espace économique occupe  actuellement la 21e place dans le classement des économies mondiales. L’impact économique de l’adhésion du Maroc à ce groupement régional peut être évalué à travers la dynamique d’exportation.

En 2015, le volume des échanges du Maroc avec l’ensemble du continent africain représente 7% du  total de ses transactions extérieures: 40 milliards de DH pour 590,3 milliards de DH. Deux décennies auparavant, la part des échanges avec l’Afrique ne dépassait pas 4,4% (7,3 milliards de DH) et portait essentiellement sur les importations des hydrocarbures.

En dépit de cette «modicité», il y a lieu de relever que la dynamique du commerce est plus soutenue à la fois en termes de croissance annuelle moyenne (11,5% avec l’Afrique contre 8,3% pour le reste du monde) qu’en ce qui concerne le coefficient multiplicateur (5,5 dans le premier cas contre 3,5 dans le deuxième cas).

Avec le retour du Maroc à l’UA et la perspective d’intégrer la Cédéao, il est très vraisemblable que ces échanges enregistrent une forte expansion. Mais cette expansion des échanges ne doit pas occulter le positionnement compétitif du Maroc qui reste à construire. Le Maroc dispose certes d’atouts importants résultant de forte présence avec des investissements en progression soutenue et des groupes de taille critique. Néanmoins des défis restent à relever.

IDE marocains: Le défi de la diversification 

L’investissement marocain dans les pays de la Cédéao représente en moyenne 51% du total des flux sortants vers le continent africain sur la période 2007-2015. Avec toutefois une forte concentration (90%) sur trois pays seulement: Mali, Côte d’Ivoire et Sénégal. D’où l’ampleur de défis à relever. La présence d’opérateurs marocains dans cet ensemble régional risque de se heurter à une concurrence acharnée étant donné que la plupart des pays de la Cédéao sont devenus un enjeu stratégique pour les pays émergents dont la Chine et l’Inde. Il est aussi à signaler qu’une partie importante des investissements marocains est l’apanage de grands groupes publics comme l’OCP, l’ONEE, la RAM… Or, la situation financière de certains d’entre eux est déjà difficile et risque de s’aggraver à moyen terme.

 

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